RDC : Martin Fayulu veut négocier avec Tshisekedi et Kabila

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En République démocratique du Congo (RDC), Martin Fayulu et ses alliés de la Coalition Article 64 (C64) veulent rencontrer séparément Félix Tshisekedi et Joseph Kabila pour préparer un dialogue national. Dans une interview accordée à RFI le 3 novembre 2026, l’opposant a défendu cette initiative, alors que les tensions politiques et les arrestations continuent d’inquiéter l’opposition.

Pourquoi Martin Fayulu veut rencontrer Tshisekedi et Kabila

La Coalition Article 64 entend jouer un rôle dans la recherche d’une issue à la crise congolaise. Réunis à Rome, en Italie, les 26 et 27 octobre 2026, cinq dirigeants de l’opposition ont annoncé une démarche politique visant à rapprocher les différentes parties.

Cette initiative rassemble Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga et Augustin Matata Ponyo. Les cinq responsables souhaitent discuter avec le président Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila.

Leur objectif est de définir les conditions d’un dialogue national susceptible de réunir les principales forces politiques et sociales du pays.

La coalition propose notamment :

  • Des rencontres séparées avec Félix Tshisekedi et Joseph Kabila.
  • Un accord sur les modalités d’organisation du dialogue national.
  • Le respect de la Constitution et des échéances électorales.
  • Une solution négociée à la crise sécuritaire dans l’est du pays.
  • L’implication des partenaires internationaux dans les efforts de paix.

Cette démarche ne signifie pas que les opposants soutiennent les positions des deux anciens alliés devenus adversaires.

La C64 affirme au contraire condamner aussi bien le maintien au pouvoir en violation de la Constitution que la conquête du pouvoir par les armes. Elle entend appliquer les mêmes principes aux autorités en place et aux mouvements armés. Actualite.cd+1

Aucune date n’a cependant été annoncée pour les rencontres envisagées. La coalition n’a pas non plus confirmé que Félix Tshisekedi et Joseph Kabila avaient accepté de recevoir ses représentants.

La C64 rejette un troisième mandat et la prise du pouvoir par les armes

Derrière les discussions annoncées se trouve un désaccord majeur sur l’avenir politique de la RDC.

La coalition s’oppose à toute modification constitutionnelle susceptible de permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat ou de prolonger son maintien au pouvoir au-delà des limites prévues.

Elle invoque notamment la Constitution congolaise du 18 février 2006, dont l’article 220 interdit toute révision portant sur le nombre et la durée des mandats présidentiels.

Le texte prévoit également, à son article 64, que les citoyens doivent s’opposer à toute prise du pouvoir par la force ou à son exercice en violation de la Constitution.

C’est précisément de cette disposition que la coalition tire son nom.

L’opposition a renforcé sa mobilisation après l’adoption, le 23 octobre 2026, d’une loi encadrant l’organisation des référendums. Ses dirigeants redoutent que ce mécanisme ne serve à contourner les restrictions constitutionnelles.

Cette question avait déjà provoqué des tensions lors des manifestations organisées par la C64 le 15 septembre 2026.

À Kinshasa, des affrontements avaient opposé des manifestants à des groupes favorables au pouvoir, avant l’intervention de la police. L’opposition avait dénoncé une répression, tandis que le gouvernement rejetait les accusations de violences organisées contre ses adversaires.

La C64 maintient également son refus de toute conquête du pouvoir par les armes. Cette position intervient alors que Joseph Kabila est associé au Front pour la refondation de la nation (FRN), un mouvement politico-militaire annoncé en octobre 2026.

Pour Martin Fayulu et ses partenaires, le dialogue doit donc respecter deux principes : aucun troisième mandat contraire à la Constitution et aucune prise du pouvoir par la violence.

L’arrestation de Prince Epenge complique le dialogue national

Les conditions d’organisation du dialogue national constituent un autre point de désaccord.

L’opposition accuse les autorités de réduire les libertés politiques et dénonce plusieurs arrestations de militants et de responsables de partis.

Parmi les cas évoqués figure celui de Prince Epenge, responsable politique proche de Martin Fayulu. Son arrestation est devenue un sujet de préoccupation pour la C64, qui réclame sa libération.

La coalition demande également la fin des intimidations, le respect des activités politiques pacifiques et des enquêtes indépendantes sur les violences survenues lors des manifestations de juin et septembre 2026.

Ces revendications interviennent alors que Félix Tshisekedi poursuit les préparatifs d’un dialogue national avec différents acteurs.

Le 8 octobre 2026, son directeur de cabinet, Anthony Nkinzo, avait notamment rencontré les responsables de l’Église du Christ au Congo (ECC), après des consultations avec la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO).

Ces consultations avec les Églises congolaises visaient à recueillir leurs propositions sur l’organisation des discussions.

Pour la C64, un dialogue crédible doit toutefois garantir une participation suffisamment large de l’opposition et des autres parties concernées.

Que cherche la coalition C64 auprès des pays occidentaux ?

Parallèlement à ses initiatives en RDC, la C64 mène des démarches diplomatiques en Europe.

Ses représentants souhaitent obtenir l’appui des partenaires internationaux à une solution politique négociée. Ils défendent notamment une meilleure coordination des initiatives de paix et un dialogue intégrant les questions institutionnelles et sécuritaires.

La coalition insiste sur la nécessité de protéger les populations civiles, de faciliter l’accès humanitaire et de mettre fin aux affrontements dans l’est du pays.

Elle demande également la mise en œuvre des engagements internationaux relatifs à la sécurité et à l’intégrité territoriale congolaise.

À ce stade, aucun accord politique entre la C64, Félix Tshisekedi et Joseph Kabila n’a été annoncé.

Les prochaines étapes dépendront de la réponse des deux dirigeants à la proposition de rencontres séparées, puis d’un éventuel accord sur les conditions du dialogue national.

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