Les navires passés par les ports nigérians vont pouvoir rejoindre les États-Unis sans subir les mesures de sécurité supplémentaires appliquées depuis 2014. L’US Coast Guard a levé le régime de surveillance renforcée visant le Nigeria, après plusieurs évaluations de ses dispositifs de sûreté maritime. Pour Lagos et les autres ports du pays, cette décision supprime un handicap ancien, sans régler leurs difficultés logistiques.
Les navires nigérians sortent d’un régime instauré en 2014
La décision a été annoncée le 19 août 2026 par le ministre nigérian de l’Économie marine et bleue, Adegboyega Oyetola. Elle met fin aux « Conditions of Entry » appliquées aux navires ayant fait escale au Nigeria avant leur arrivée dans les eaux américaines.
Ces mesures remontaient à juin 2014. Elles imposaient des procédures de sûreté et des inspections supplémentaires en raison de carences relevées dans la sécurité portuaire, notamment dans le contrôle des accès et la lutte antiterroriste.
Le changement intervient après quatre missions d’évaluation menées par l’US Coast Guard entre mars 2024 et avril 2026. Selon les autorités nigérianes, ces inspections ont confirmé les progrès réalisés et la conformité avec le Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires.
Pour les compagnies maritimes, la suppression de ces contraintes doit réduire les délais et certains coûts liés aux liaisons avec les États-Unis. Les surprimes d’assurance appliquées aux cargaisons quittant Lagos sont également en cours de réexamen.
La sécurité progresse mais les marchandises attendent encore dix jours
La levée des restrictions américaines ne règle pas l’un des principaux problèmes des ports nigérians. Le dédouanement prend encore environ dix jours, contre une référence internationale comprise entre un et deux jours selon les données citées par la source.
Cet écart pèse sur les coûts logistiques alors que les ports assurent plus de 80 % des importations et exportations du Nigeria.
Les autorités cherchent désormais à accélérer les procédures grâce au National Single Window. Ce guichet unique doit numériser le traitement des documents du commerce extérieur et réduire les interventions humaines.
La Nigerian Shippers’ Council intervient également sur les blocages rencontrés dans les ports. Elle a notamment facilité la libération de plus de 150 conteneurs destinés à des projets électriques et récupéré environ 100 millions de nairas auprès de compagnies maritimes.
La décision américaine offre donc au Nigeria une occasion de renforcer l’attractivité de ses ports sur les routes transatlantiques. Après avoir convaincu Washington sur la sécurité, le prochain défi se trouve désormais sur les quais, où la réduction des délais de dédouanement déterminera une grande partie des gains réels pour les armateurs et les exportateurs.




