Le Burkina Faso a lancé une importante opération de rapatriement de ses ressortissants refoulés des sites d’orpaillage en Guinée. Le 4 novembre 2026, près de 200 cars étaient mobilisés à Ouagadougou pour ramener plusieurs milliers de personnes, tandis qu’une délégation gouvernementale burkinabè se rendait au Mali afin de coordonner leur prise en charge.
Près de 200 cars mobilisés à Ouagadougou pour les rapatriements
La place de la Révolution, à Ouagadougou, est devenue l’un des principaux points de rassemblement des véhicules engagés dans l’opération. Dès 2 heures du matin, le mercredi 4 novembre, des cars appartenant à plusieurs compagnies de transport y ont convergé.
Vers 11 heures, une trentaine de véhicules étaient déjà stationnés sur les lieux. D’autres avaient pris la route auparavant, tandis que de nouveaux transporteurs rejoignaient progressivement le dispositif.
L’objectif est de récupérer les Burkinabè ayant quitté les zones minières guinéennes, notamment ceux qui se trouvent désormais au Mali.
Cette mobilisation associe les autorités publiques et les entreprises privées de transport. La compagnie STAF a notamment annoncé la mise à disposition d’une vingtaine de bus.
Selon les informations recueillies sur place par Lefaso.net, des convoyeurs attendaient leur départ vers la frontière guinéo-malienne. L’un d’eux, Moussa Zoromé, employé de STROF International, a expliqué être arrivé au rassemblement dès 2 heures du matin.
Le gouvernement burkinabè entend assurer le retour de ses ressortissants dans des conditions respectueuses de leur dignité. Toutefois, aucune date officielle n’a encore été communiquée pour l’achèvement de l’ensemble des rapatriements.
Pourquoi la Guinée expulse-t-elle des orpailleurs burkinabè ?
Cette situation découle du durcissement des mesures contre l’exploitation artisanale illégale de l’or en Guinée.
Le 29 octobre 2026, les autorités locales ont suspendu les activités d’orpaillage dans la région de Siguiri, située dans le nord-est du pays.
Le 2 novembre, cinq ministres guinéens ont annoncé de nouvelles mesures destinées à faire respecter cette interdiction.
Dans leur communiqué officiel sur l’orpaillage, les autorités dénoncent notamment la destruction de terres agricoles, la dégradation des forêts et la pollution des cours d’eau.
Les nouvelles dispositions prévoient :
- L’interdiction des activités minières artisanales illégales dans les zones concernées.
- Le déploiement permanent des forces de défense et de sécurité.
- Le contrôle des identités et de la régularité du séjour des personnes présentes sur les sites.
- Des sanctions contre les contrevenants à la réglementation minière.
Ces opérations ont provoqué le départ de nombreux travailleurs étrangers, particulièrement des ressortissants burkinabè.
Selon des estimations de responsables locaux rapportées par l’AFP, plus de 8 000 Burkinabè pourraient être concernés. Ce chiffre reste provisoire et n’a pas été confirmé par un recensement officiel exhaustif. TV5MONDE – Informations+1
Le Mali facilite le retour des Burkinabè expulsés
Le Mali joue un rôle central dans cette opération, car il constitue le principal territoire de transit terrestre entre la Guinée et le Burkina Faso.
Le 3 novembre 2026, le Centre malien de coordination et de gestion des crises (CECOGEC) a signalé un afflux important de ressortissants étrangers à la frontière guinéenne.
Les autorités maliennes ont annoncé des dispositions pour accueillir les personnes concernées et organiser leur acheminement vers leurs pays d’origine.
Le lendemain, le ministre burkinabè de la Sécurité, Mahamadou Sana, s’est rendu à Bamako à la tête d’une délégation mandatée par le président Ibrahim Traoré.
Il a rencontré son homologue malien, le général Daoud Aly Mohammedine, afin d’examiner les conditions d’assistance et de retour des ressortissants burkinabè.
Les discussions ont porté sur leur accueil, leur prise en charge et leur transport sécurisé jusqu’au Burkina Faso. APAnews – Agence de Presse Africaine+1
Que vont devenir les orpailleurs de retour au Burkina Faso ?
Au-delà du transport, cette opération soulève la question de la réinsertion économique des personnes rapatriées.
Nombre de ces ressortissants exerçaient des activités minières artisanales pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles. Leur départ de Guinée pourrait donc entraîner une perte immédiate de revenus.
Les autorités burkinabè n’ont pas encore détaillé les éventuels dispositifs d’accompagnement économique destinés aux personnes concernées.
Pour l’instant, la priorité reste leur identification, leur assistance et leur retour dans des conditions sécurisées.
Le gouvernement a également appelé les populations au calme et à la vigilance face aux fausses informations circulant sur les réseaux sociaux.
La réussite de l’opération dépendra désormais de la coordination entre le Burkina Faso, le Mali et la Guinée, mais aussi de la capacité des autorités à accueillir plusieurs milliers de personnes dont certaines ont perdu leur principale source de revenus.




