RDC : l’opposition dénonce la répression de ses manifestations

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La coalition d’opposition C64 accuse les autorités congolaises d’avoir réprimé ses manifestations en RDC du 15 septembre 2026 contre un changement de Constitution et un éventuel troisième mandat de Félix Tshisekedi. À Kinshasa, la mobilisation a dégénéré en affrontements avec des militants proches du pouvoir avant l’intervention de la police.

À Kinshasa, une marche autorisée qui dégénère à Limete

Plusieurs centaines de personnes selon Reuters, près de 5 000 selon Actualite.cd, ont défilé mardi dans la capitale à l’appel de la Coalition Article 64 (C64). Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga figuraient parmi les responsables présents. La manifestation devait dénoncer la loi sur l’organisation du référendum et toute réforme susceptible, selon l’opposition, d’ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel.

La marche, autorisée à Kinshasa, avait commencé dans le calme et sous encadrement policier. La situation s’est tendue à Limete lorsque le cortège a rencontré des groupes favorables au pouvoir. Des témoins cités par Reuters ont rapporté des jets de pierres et la présence de machettes dans les deux camps. La police a alors utilisé des gaz lacrymogènes et tiré des coups de semonce pour disperser les affrontements.

La C64 livre une version plus accusatrice. Elle affirme que des membres de la « Force du progrès », une structure liée à des militants de l’UDPS, le parti présidentiel, ont attaqué les manifestants avec des armes blanches et d’autres objets. Martin Fayulu évoque un « guet-apens » organisé avec la complicité de membres des forces de sécurité. Ces accusations n’ont pas été établies par une enquête indépendante.

Un décès et des arrestations dénoncés par la C64

La coalition affirme que Manassé Lomboto Bomengola, cadre d’ADD Congo chargé de la sécurité, est mort après avoir été blessé pendant les violences. Son parti indique qu’il a succombé dans la soirée du 15 septembre à l’hôpital Olympic de Kinshasa. Les circonstances exactes de ses blessures restent à établir.

La C64 fait également état de blessés, d’arrestations et de détentions qu’elle juge arbitraires dans plusieurs villes. À Lubumbashi, la manifestation a été empêchée par les forces de l’ordre. Un responsable local d’Envol a déclaré avoir recensé au moins huit arrestations parmi les militants.

Selon Reuters, des manifestations ont aussi été dispersées dans d’autres villes, notamment Lubumbashi et Uvira, où les autorités locales avaient interdit les rassemblements. La C64 demande désormais la libération des personnes interpellées et l’ouverture d’enquêtes judiciaires sur les violences.

Le gouvernement rejette les accusations de l’opposition

Le pouvoir conteste l’idée d’une répression organisée. Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a accusé l’opposition de recourir au « mensonge et à la manipulation ». Il affirme que le droit de manifester reste reconnu, à condition de respecter le cadre légal et les mesures destinées au maintien de l’ordre.

Cette confrontation intervient trois mois après les violences du 12 juin à Kinshasa. Human Rights Watch avait alors documenté l’usage excessif de la force, des dizaines d’arrestations ainsi que des attaques attribuées aux forces de sécurité et à des membres de la Force du progrès. L’ONG avait notamment vérifié des vidéos montrant des policiers présents lors de certaines violences contre des opposants.

La Commission nationale des droits de l’homme avait d’ailleurs rappelé avant la mobilisation du 15 septembre que la liberté de manifestation est garantie par les articles 25 et 26 de la Constitution. Elle avait appelé les autorités à « prévenir plutôt qu’à réprimer ».

La bataille porte surtout sur la Constitution et 2028

Derrière ces manifestations de l’opposition en RDC se joue la succession présidentielle de 2028. Félix Tshisekedi effectue son deuxième mandat. L’article 70 fixe le mandat présidentiel à cinq ans, renouvelable une seule fois, tandis que l’article 220 interdit expressément toute révision concernant le nombre et la durée des mandats présidentiels.

Le Parlement a toutefois adopté en juin une loi encadrant l’organisation des référendums. Après des réserves de la Cour constitutionnelle, Félix Tshisekedi a demandé en août une nouvelle délibération du texte. L’opposition craint que cette procédure ne serve, à terme, à contourner les limites constitutionnelles.

Le chef de l’État avait déclaré en mai qu’il accepterait de se représenter si les Congolais le lui demandaient, tout en affirmant qu’un éventuel changement constitutionnel devrait passer par une consultation populaire. La C64 promet donc de poursuivre sa mobilisation. Elle affirme que l’alternance devra être respectée en 2028 et annonce de nouvelles actions, alors que les tensions autour de la Constitution continuent de structurer le rapport de force politique.

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