Rémy Nama : qui est le nouveau président du Conseil constitutionnel du Cameroun ?

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Rémy Nama est le nouveau président du Conseil constitutionnel du Cameroun depuis sa nomination par Paul Biya, le 16 octobre 2026. Ce magistrat hors hiérarchie, ancien chargé de mission à la présidence de la République, succède à Clément Atangana, décédé le 4 octobre à Paris.

Qui est Rémy Nama, nommé par Paul Biya ?

Rémy Nama est un haut magistrat camerounais dont la carrière s’est principalement déroulée dans les services juridiques et administratifs de l’État.

Originaire du village d’Oveng, dans l’arrondissement de Mbankomo, département de la Mefou-et-Akono, dans la région du Centre, il appartient au corps de la magistrature camerounaise.

Selon des informations publiées par la presse nationale, il est diplômé de l’École nationale d’administration et de magistrature (ENAM), promotion 1986.

Avant sa nomination, il exerçait comme chargé de mission au Secrétariat général de la présidence de la République, plus précisément à la Division des affaires judiciaires.

Cette fonction lui a permis de travailler sur des dossiers juridiques et institutionnels traités au sommet de l’administration camerounaise.

Rémy Nama avait également assuré l’intérim à la tête de cette division à partir de 2018, après la disparition de Jean Foumane Akame. Cette responsabilité a pris fin avec l’arrivée d’Awala Wodougue en 2021.

Contrairement à plusieurs personnalités politiques camerounaises, le nouveau président du Conseil constitutionnel possède un profil relativement discret. Sa carrière connue repose essentiellement sur ses fonctions administratives et judiciaires.

Quel a été son parcours avant le Conseil constitutionnel ?

Le parcours professionnel de Rémy Nama comprend plusieurs responsabilités au sein d’organismes publics.

En novembre 2013, un décret présidentiel l’avait désigné pour représenter la présidence de la République au conseil d’administration du Parc national de matériel de génie civil (Matgénie).

Cet établissement intervient notamment dans le domaine des équipements et des travaux de génie civil.

En janvier 2023, son nom figurait également dans un décret relatif à la composition du conseil d’administration de l’Agence de promotion des petites et moyennes entreprises (APME).

Il y représentait encore la présidence de la République.

Ces différentes fonctions témoignent de son expérience dans la gouvernance des établissements publics et dans le fonctionnement des institutions administratives.

Son parcours explique en partie sa nomination à la tête d’une juridiction dont les décisions peuvent avoir des conséquences importantes sur la vie politique nationale.

Toutefois, les informations publiques disponibles ne permettent pas de retracer intégralement l’ensemble de sa carrière judiciaire ni les juridictions dans lesquelles il aurait précédemment exercé.

Pourquoi Rémy Nama remplace-t-il Clément Atangana ?

La nomination de Rémy Nama intervient après le décès de Clément Atangana, survenu le 4 octobre 2026 à Paris, à l’âge de 85 ans.

Clément Atangana était le premier président du Conseil constitutionnel depuis son installation effective en février 2018.

Après sa disparition, l’intérim avait été confié au professeur Paul Nchoji Nkwi, doyen d’âge des membres de l’institution.

Le président Paul Biya a finalement signé, le vendredi 16 octobre 2026, le décret n° 2026/334 portant nomination de Rémy Nama à la présidence du Conseil constitutionnel.

Cette décision met fin à une période de vacance de douze jours.

Un autre décret, portant le numéro 2026/333, a également procédé à des nominations au sein de cette juridiction.

Abdoulaye Daouda rejoint notamment le Conseil constitutionnel en remplacement de Bah Oumarou Sanda, décédé en août 2026.

Rémy Nama devient ainsi le deuxième président de cette institution depuis sa mise en fonctionnement effectif.

Sa prestation de serment reste néanmoins attendue pour son installation officielle.

Quels pouvoirs exercera le nouveau président du Conseil constitutionnel ?

À la tête du Conseil constitutionnel, Rémy Nama devra superviser les travaux d’une institution essentielle au fonctionnement de l’État camerounais.

Cette juridiction veille notamment au respect de la Constitution et examine la conformité des lois aux dispositions constitutionnelles dans les conditions prévues par les textes.

Elle intervient également dans le contrôle de la régularité des élections présidentielles, parlementaires et des consultations référendaires.

Le Conseil constitutionnel statue sur les contestations électorales relevant de sa compétence et proclame les résultats définitifs des scrutins concernés.

Sa mission est donc particulièrement importante dans un contexte où les élections législatives et municipales sont attendues en 2027.

Le Conseil intervient aussi dans les procédures constitutionnelles relatives à la vacance de la présidence de la République.

Ces responsabilités placent son nouveau président au cœur de plusieurs mécanismes institutionnels majeurs.

Sa longue expérience au sein des services présidentiels constitue un élément central de son profil. Elle soulève également la question de l’exercice indépendant des missions du Conseil, conformément aux exigences constitutionnelles.

La nomination de Rémy Nama marque donc une nouvelle étape pour cette institution. Après plus de huit années sous la présidence de Clément Atangana, le Conseil constitutionnel camerounais ouvre un nouveau chapitre de son histoire.

Luc GNANHOUI
Luc GNANHOUI
Spécialiste de l’actualité africaine, je produis des analyses stratégiques et des décryptages approfondis sur les transformations politiques, économiques et technologiques qui redéfinissent les équilibres du continent.

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