Les autorités sénégalaises remettent à la Gambie Sanna Manjang, ancien membre redouté des « Junglers ». Le fugitif tombe en Casamance samedi matin. Il est recherché pour torture, disparitions forcées et exécutions extrajudiciaires. Son arrestation résulte d’une opération conjointe menée par Dakar et Banjul.
Une coopération sécuritaire renforcée entre Dakar et Banjul
Le ministère de l’Information de la Gambie décrit une collaboration étroite entre les deux pays. Les services de sécurité échangent des informations depuis plusieurs mois. Les contacts se multiplient après l’adoption par le Sénégal, le 23 novembre, d’un projet de loi autorisant la ratification de la Convention d’extradition entre les deux États. Les deux gouvernements souhaitent fluidifier les procédures d’arrestation et de remise de suspects.
Le tribunal de première instance de Banjul émet un mandat d’arrêt contre Manjang en février. La police gambienne réactive le dossier après une requête d’Interpol Washington. L’organisation demande des confirmations sur son statut de fugitif et conseille la diffusion d’un mandat international. Cette relance accélère les efforts sur le terrain. Les investigations ciblent la zone sud du Sénégal, où plusieurs sources situent Manjang depuis 2017.
Les forces sénégalaises mènent une opération discrète en Casamance. Elles identifient les déplacements du suspect. Elles interviennent samedi matin et procèdent à son interpellation. Les autorités sénégalaises le conduisent ensuite vers un point de remise sécurisé. Les autorités gambiennes récupèrent le fugitif et lancent les premières procédures judiciaires.
Un ancien « Jungler » impliqué dans de graves violations
Manjang exerce son influence au sein des « Junglers » dès le coup d’État de 1994. Cette unité spéciale agit comme un bras armé du régime Yahya Jammeh. Elle mène des opérations clandestines contre des opposants, des journalistes, des militaires ou des civils. Les témoignages recueillis par la Commission Vérité, Réconciliation et Réparations (TRRC) citent Manjang dans plusieurs exécutions extrajudiciaires. Ils évoquent des actes de torture et des disparitions forcées.
La chute de Jammeh en 2017 pousse plusieurs membres des « Junglers » à fuir. Manjang quitte la Gambie et tente de se dissimuler dans la région. Sa présence en Casamance s’accompagne de plusieurs signalements. Les victimes et leurs familles réclament son arrestation depuis des années. Les autorités gambiennes saluent donc cette avancée. Elles rappellent leur volonté de juger les responsables des crimes commis sous Jammeh.
Le gouvernement de Banjul affirme que les procédures se poursuivent. Il insiste sur son engagement pour la justice et la protection des droits humains. Il remercie le Sénégal pour sa coopération. Cette arrestation met fin à huit années de fuite et marque une étape importante dans la quête de vérité et de réparations pour les victimes.




