Les propos de Donald Trump ont déclenché une colère profonde en Somalie. Le président américain a qualifié les Somaliens d’« ordures » et affirmé qu’ils « ne contribuent à rien ». Ainsi, la sortie a créé une onde de stupeur à Mogadiscio. En réaction, habitants, activistes et membres de la société civile dénoncent un discours raciste d’une extrême violence. Enfin, ils s’inquiètent aussi de ses conséquences pour la diaspora somalienne établie aux États-Unis.
Une indignation massive à Mogadiscio
À Mogadiscio, les réactions se multiplient depuis la diffusion des propos. De nombreux habitants expriment un sentiment d’humiliation et d’injustice. Par ailleurs, Omar Hussein, installé dans la capitale, répond avec fermeté aux déclarations du président américain : « Je voudrais dire à Trump que les Somaliens sont des gens travailleurs et dévoués, et que l’image qu’il dépeint de nous est tout simplement fausse. Nous sommes des gens bien, et j’invite Trump à reconsidérer ses propos, car les Somaliens qui vivent aux États-Unis ont beaucoup contribué au progrès de ce pays ».
La Somalie suit aussi avec inquiétude les nouvelles opérations de l’ICE menées dans le Minnesota. Dans cet État vit une importante communauté somalienne depuis plusieurs décennies. Ces descentes ciblent les immigrés somaliens et renforcent un climat de peur. En outre, plusieurs familles de Mogadiscio redoutent des expulsions massives. Elles craignent aussi des arrestations arbitraires dans un contexte marqué par un durcissement des discours xénophobes.
Silence des dirigeants somaliens et nouvelles tensions
Une autre source d’indignation concerne l’absence de réaction officielle du gouvernement somalien. De ce fait, Abdurahman Moral, lui aussi résident de Mogadiscio, exprime sa frustration : « C’est intolérable ; Trump insulte quotidiennement les Somaliens, nous traitant d’ordures et utilisant d’autres termes péjoratifs que nous ne pouvons plus tolérer. Nos dirigeants auraient dû réagir à ses propos. Cela m’attriste de voir qu’ils ne parviennent pas à riposter face à ces attaques, c’est injuste ». Certaines personnes interpellent l’Union Africaine.
Par conséquent, cette absence de réponse nourrit un sentiment d’abandon. Beaucoup estiment que le pays doit défendre sa diaspora, active dans l’économie grâce aux transferts financiers et aux investissements. Dans plusieurs quartiers de Mogadiscio, des associations de jeunes appellent à une mobilisation nationale. Elles exigent une réaction ferme du gouvernement. Enfin, les propos de Trump ont aussi relancé les tensions autour de la députée américaine Ilhan Omar. Née en Somalie, elle se retrouve souvent prise pour cible. La députée a réagi sur X pour dénoncer « l’obsession effrayante » de Donald Trump. Elle rappelle aussi les menaces qu’elle reçoit depuis plusieurs années.




