La Guinée étudie l’émission d’un sukuk de 500 millions de dollars afin de financer des projets structurants liés à son programme Simandou 2040. L’annonce a été faite le 21 mars 2026 par le ministère de l’Économie dans un contexte de transformation économique ambitieuse. Ce financement islamique vise à attirer des investisseurs internationaux et à diversifier les ressources du pays. Derrière cette initiative, c’est toute une stratégie de développement à long terme qui se dessine.
Un recours aux sukuk pour diversifier le financement
La décision d’explorer un sukuk souverain s’inscrit dans une volonté claire de diversification des sources de financement. En effet, la Guinée cherche à réduire sa dépendance aux financements traditionnels tout en attirant de nouveaux investisseurs. Le recours aux obligations conformes à la finance islamique permet ainsi d’élargir le spectre des partenaires financiers potentiels.
Dans cette perspective, une réunion exploratoire a été organisée avec le cabinet NOMAD AFIIP, spécialisé dans l’intermédiation financière. Ce partenariat vise à poser les bases d’un cadre juridique et institutionnel adapté. L’objectif est de rendre le pays plus attractif pour des investisseurs intéressés par des projets d’infrastructures et d’énergie.
Par ailleurs, la notation du pays, évaluée à B+ avec perspectives positives, constitue un argument supplémentaire. Elle renforce la crédibilité de la Guinée sur les marchés internationaux. Ainsi, l’émission d’un sukuk apparaît comme une opportunité stratégique pour capter des financements innovants dans un contexte de compétition accrue entre économies émergentes.

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Simandou 2040 au cœur de la stratégie économique
Ce projet de financement s’inscrit directement dans le cadre du programme Simandou 2040. Ce plan de développement vise à transformer en profondeur l’économie guinéenne à travers l’exploitation du gigantesque gisement de fer de Simandou. Considéré comme l’un des plus importants au monde, ce projet constitue un levier majeur de croissance pour le pays.
Le programme repose sur une vision à long terme structurée en plusieurs phases. La première étape, prévue jusqu’en 2030, mobilisera plus de 65 milliards de dollars. Elle concerne principalement les infrastructures, l’énergie et les secteurs sociaux comme l’éducation. Cette phase doit poser les bases d’une économie plus diversifiée et résiliente.
Ensuite, une deuxième phase permettra de renforcer les industries de transformation locale. Enfin, la dernière étape visera une intégration plus poussée dans les marchés régionaux et internationaux. Ce calendrier ambitieux montre que le sukuk envisagé ne constitue qu’une première étape dans un financement global estimé à plus de 200 milliards de dollars.
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Une économie en croissance mais dépendante du secteur minier
La Guinée affiche depuis plusieurs années des performances économiques solides. La croissance du PIB a atteint plus de 7 pour cent en 2023, avant de se maintenir à un niveau élevé en 2024 et 2025. Cette dynamique est largement portée par le secteur minier, qui reste le principal moteur de l’économie nationale.
Cependant, cette dépendance constitue également un défi. Le pays cherche désormais à diversifier ses activités pour limiter les risques liés à la volatilité des matières premières. C’est dans ce contexte que les investissements dans les infrastructures et l’énergie prennent toute leur importance.
Le programme Simandou 2040 apparaît ainsi comme une réponse structurante à ces enjeux. En combinant exploitation minière et développement des infrastructures, il vise à créer un effet d’entraînement sur l’ensemble de l’économie. Le recours aux sukuk pourrait accélérer cette transformation en apportant des ressources financières supplémentaires.
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Une ouverture accrue aux investisseurs internationaux
L’émission d’un sukuk souverain représente également un signal fort envoyé aux marchés internationaux. Elle témoigne de la volonté de la Guinée de s’inscrire dans une logique d’ouverture et de modernisation financière. En attirant des investisseurs spécialisés, le pays espère renforcer sa visibilité et sa crédibilité.
Cette stratégie s’appuie sur un contexte favorable marqué par un regain d’intérêt des bailleurs et des investisseurs privés. Ces derniers voient dans la Guinée un potentiel important, notamment grâce à ses ressources naturelles et à ses projets d’infrastructures. Le sukuk pourrait ainsi servir de tremplin vers d’autres instruments financiers innovants.
Enfin, cette initiative pourrait contribuer à repositionner la Guinée sur la scène économique africaine. En adoptant des mécanismes de financement alternatifs, le pays se rapproche des standards internationaux. Il cherche ainsi à accélérer son développement tout en consolidant sa place dans les circuits financiers mondiaux.




