Ebola en RDC : plus de 9 100 cas et 4 400 décès recensés

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L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) continue de s’aggraver, avec 9 144 cas confirmés et 4 410 décès recensés au 13 octobre 2026, selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Cette flambée, provoquée par le virus Bundibugyo, est désormais la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays et touche sept provinces.

Quel est le dernier bilan de l’épidémie d’Ebola en RDC ?

Les autorités sanitaires congolaises avaient annoncé, mardi 13 octobre, un premier franchissement du seuil des 9 000 contaminations, avec 9 066 cas confirmés et 4 381 décès. Le taux de létalité atteignait alors 48,3 %, soit près d’un décès pour deux infections diagnostiquées.

Les données actualisées par l’ECDC font état de 9 144 contaminations et 4 410 décès au 13 octobre, sur la base des informations sanitaires disponibles jusqu’au 12 octobre.

À cette date, 899 patients étaient hospitalisés en isolement, tandis que 2 418 personnes avaient été déclarées guéries. Pour la seule journée du 12 octobre, les autorités ont signalé 79 nouveaux cas confirmés et 11 décès.

Détectée en mai 2026, cette épidémie a progressivement gagné 65 zones de santé réparties dans sept provinces. Sa progression constitue un défi majeur pour les autorités sanitaires, malgré les dispositifs de surveillance et de prise en charge déployés.

Le bilan dépasse désormais celui de l’épidémie qui avait frappé l’est de la RDC entre 2018 et 2020, au cours de laquelle près de 3 500 cas avaient été enregistrés.

À l’échelle mondiale, la flambée actuelle constitue la deuxième plus importante épidémie d’Ebola, derrière celle d’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.

L’Ituri et le Nord-Kivu concentrent les contaminations

La province de l’Ituri demeure l’épicentre de l’épidémie. Selon les dernières données européennes, elle totalise 6 734 cas confirmés et 3 177 décès, soit près des trois quarts des infections recensées dans le pays.

Le Nord-Kivu constitue le deuxième foyer majeur, avec 1 938 contaminations et 1 102 décès.

La maladie circule également dans le Haut-Uélé, la Tshopo, le Bas-Uélé, le Sud-Kivu et le Sud-Ubangi, avec une intensité variable selon les territoires.

Cette extension géographique complique les opérations de riposte, particulièrement dans les régions touchées par l’insécurité et les déplacements de population.

Les équipes sanitaires rencontrent aussi des difficultés pour identifier les personnes ayant été en contact avec des malades. Au dernier pointage, seulement 77,6 % des contacts recensés faisaient l’objet d’un suivi.

Cette couverture insuffisante augmente le risque de nouvelles chaînes de transmission non détectées.

Pourquoi cette épidémie d’Ebola est-elle si meurtrière ?

La flambée actuelle est provoquée par le virus Bundibugyo, une espèce de virus Ebola distincte de celle responsable de plusieurs épidémies précédentes.

Contrairement à la maladie causée par le virus Ebola de type Zaïre, aucune vaccination ni aucun traitement antiviral spécifique n’est actuellement approuvé contre Bundibugyo.

Des recherches et des essais cliniques sont en cours pour évaluer différentes solutions médicales.

En attendant, la prise en charge repose notamment sur l’isolement des patients, la réhydratation, le traitement des complications et les soins de soutien.

L’Organisation mondiale de la santé souligne également les difficultés liées au diagnostic tardif, à l’accès aux structures médicales et à la méfiance de certaines communautés envers les dispositifs sanitaires.

La peur de la contamination entraîne par ailleurs une diminution du recours aux soins ordinaires. Les femmes enceintes et les enfants figurent parmi les populations particulièrement exposées aux conséquences indirectes de cette crise.

Le risque de propagation d’Ebola aux pays voisins augmente

L’épidémie ne se limite plus au territoire congolais. Plusieurs contaminations ont été détectées dans des pays voisins ou chez des voyageurs en provenance de RDC.

Au Kenya, un premier patient infecté est décédé le 5 octobre après avoir voyagé depuis le Congo via l’Ouganda. Un deuxième cas, concernant un membre de sa famille, a été confirmé le 14 octobre.

Les autorités kenyanes ont renforcé la surveillance sanitaire et le suivi des contacts pour limiter toute transmission locale.

L’OMS insiste sur la nécessité d’améliorer la détection précoce, la surveillance transfrontalière et la communication avec les communautés.

Malgré les guérisons enregistrées, le franchissement des 9 000 cas confirme que la transmission reste active. L’évolution de l’épidémie dépendra notamment de la capacité des équipes sanitaires à identifier rapidement les nouveaux foyers et à interrompre les chaînes de contamination.

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