Ebola en RDC : l’épidémie dépasse 6 000 cas confirmés et fait 2 911 morts

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La République démocratique du Congo fait face à une épidémie d’Ebola d’une ampleur inédite dans le pays. Le nombre de contaminations confirmées atteint désormais 6 041 cas, dont 2 911 décès. Cette progression place l’épidémie actuelle devant celle de 2018-2020. La riposte se heurte aussi à une difficulté majeure puisque la souche Bundibugyo responsable de la flambée ne dispose actuellement d’aucun vaccin ni traitement approuvé.

Près d’une personne infectée sur deux est décédée

Les derniers chiffres communiqués lundi par le ministère de la Communication montrent la gravité de la situation sanitaire.

Avec 6 041 personnes infectées et 2 911 décès, le nombre de morts représente près de la moitié des cas confirmés. Le bilan pourrait encore progresser dans les prochains jours.

L’épidémie est désormais présentée comme la plus importante de l’histoire de la RDC, devant celle enregistrée entre 2018 et 2020.

Les équipes chargées de la riposte interviennent dans six provinces touchées. Les efforts se concentrent notamment sur l’Ituri, le Nord-Kivu et le Haut-Uele.

Cette dispersion géographique augmente l’ampleur du dispositif nécessaire pour répondre à la progression du virus. Les équipes doivent intervenir dans plusieurs territoires alors que le nombre de contaminations dépasse déjà les 6 000.

Le principal défi vient aussi du variant responsable de cette flambée. Les infections sont attribuées à la souche Bundibugyo du virus Ebola.

Or, aucun vaccin ou traitement approuvé n’est actuellement disponible contre cette souche. La situation diffère donc d’une épidémie pour laquelle les autorités sanitaires pourraient immédiatement s’appuyer sur une solution médicale déjà homologuée et spécifiquement adaptée au virus en circulation.

La progression des contaminations rend la recherche de nouvelles solutions d’autant plus pressante.

Quatre projets de vaccins déjà en développement

Face à l’urgence, plusieurs programmes de recherche sont engagés simultanément.

Quatre vaccins sont en cours de développement aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et à Singapour. Ces projets bénéficient du soutien de la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies, connue sous le nom de Cepi.

Cette organisation est un partenariat international public-privé basé à Oslo et soutient les recherches destinées à répondre aux menaces épidémiques.

L’Égypte travaille également sur une solution. Le pays a annoncé avoir développé un vaccin candidat contre le variant Bundibugyo.

Ces différents projets constituent une réponse à l’une des principales difficultés rencontrées dans la lutte contre l’épidémie congolaise. La disponibilité d’un candidat vaccin ne signifie toutefois pas qu’un produit est déjà approuvé et disponible pour une utilisation à grande échelle.

Les informations communiquées indiquent justement qu’il n’existe à ce jour aucun vaccin approuvé contre la souche Bundibugyo.

La recherche avance donc pendant que les équipes sanitaires doivent continuer à gérer les contaminations sur le terrain.

Une riposte sous pression dans six provinces

Le franchissement des 6 000 cas change l’échelle de la crise sanitaire. Les autorités ne font plus face à une flambée limitée puisque plusieurs provinces sont touchées et que près de 3 000 personnes sont déjà décédées.

L’Ituri, le Nord-Kivu et le Haut-Uele concentrent une partie importante des efforts de riposte. Le déploiement dans six provinces montre toutefois que la réponse doit être organisée sur un territoire plus large.

La situation pourrait aussi continuer à évoluer rapidement. Les chiffres officiels atteignent déjà 6 041 contaminations confirmées, tandis que les autorités préviennent que le bilan peut encore s’alourdir.

La RDC se retrouve ainsi confrontée à deux urgences simultanées. La première consiste à contenir l’épidémie actuelle et à prendre en charge les personnes touchées. La seconde repose sur la recherche d’outils médicaux adaptés à la souche Bundibugyo.

Avec 2 911 morts, cette flambée est déjà devenue la plus importante enregistrée dans le pays selon les données fournies. Les projets de vaccins développés dans plusieurs pays ouvrent une piste pour renforcer la réponse, mais aucun n’est encore présenté comme une solution approuvée et immédiatement disponible. La maîtrise de l’épidémie dépend donc, pour l’instant, de la riposte menée dans les six provinces touchées alors que le nombre de cas continue de progresser.

Luc GNANHOUI
Luc GNANHOUI
Spécialiste de l’actualité africaine, je produis des analyses stratégiques et des décryptages approfondis sur les transformations politiques, économiques et technologiques qui redéfinissent les équilibres du continent.

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