Mobile money dans l’UEMOA : les nouveaux plafonds et frais dès le 2 novembre

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À partir du 2 novembre 2026, les règles du mobile money dans l’UEMOA vont changer avec des transferts gratuits jusqu’à 8 000 FCFA par jour et des plafonds de comptes relevés à 4 millions de FCFA. Ces décisions de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) concernent les utilisateurs de monnaie électronique dans les huit pays de l’Union.

Quels transferts mobile money seront gratuits ?

La principale nouveauté concerne les transferts d’argent entre particuliers effectués via la Plateforme interopérable du système de paiement instantané (PI-SPI).

Dès le 2 novembre, les transferts nationaux seront gratuits lorsque leur montant cumulé ne dépasse pas 8 000 FCFA par jour, par utilisateur et par établissement participant.

Cette gratuité ne dépend pas du nombre d’opérations. Un utilisateur pourra ainsi envoyer 3 000 FCFA, puis 2 000 FCFA et encore 3 000 FCFA dans la même journée, sans frais sur ces transferts éligibles.

Selon la BCEAO, ce seuil permettra de couvrir environ 75 % des transactions de monnaie électronique réalisées dans l’UEMOA.

Au-delà de 8 000 FCFA, les établissements pourront appliquer des frais compris entre 0 % et 0,8 % du montant hors taxes du transfert.

Pour un envoi de 50 000 FCFA soumis au taux maximal, les frais atteindraient ainsi 400 FCFA, hors taxes éventuelles.

Autre changement important : la réception des transferts concernés sera entièrement gratuite, sans limitation de montant ni de nombre d’opérations.

Ces nouvelles règles ne signifient toutefois pas que tous les services mobile money deviennent gratuits. Les retraits d’espèces, les paiements de factures et les achats auprès des commerçants ne sont pas concernés par cette mesure tarifaire.

Le plafond des comptes passe à 4 millions de FCFA

La BCEAO a également décidé d’assouplir les limites applicables aux portefeuilles électroniques.

Dans son instruction n° 020 du 8 octobre 2026, l’institution porte le plafond de détention de monnaie électronique de 2 à 4 millions de FCFA pour les clients identifiés.

Cette limite s’applique à l’ensemble des avoirs détenus par un même utilisateur auprès d’un même émetteur. Plusieurs portefeuilles ouverts chez cet établissement ne permettent donc pas de multiplier automatiquement le plafond autorisé.

Le montant cumulé des rechargements mensuels passe également de 10 à 15 millions de FCFA.

Il faut distinguer ces deux limites. Les 4 millions correspondent au solde maximal autorisé, tandis que les 15 millions représentent le total des rechargements possibles sur un mois.

Ces plafonds constituent des limites réglementaires. Les opérateurs peuvent néanmoins appliquer des restrictions inférieures selon leurs conditions de service.

Un dépassement exceptionnel peut être autorisé par la BCEAO, sous certaines conditions.

La réforme prévoit aussi de nouvelles règles de placement des fonds détenus par les émetteurs de monnaie électronique, afin d’encadrer la gestion des sommes confiées par les clients.

Quels pays de l’UEMOA sont concernés ?

Les nouvelles dispositions concernent les huit États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.

La BCEAO impose également le passage des transactions interopérables de monnaie électronique par PI-SPI.

Lancée le 30 septembre 2025, cette plateforme permet d’effectuer des paiements instantanés entre établissements participants, notamment entre banques, institutions de microfinance et prestataires de monnaie électronique.

Selon la Banque centrale, PI-SPI compte désormais 175 participants connectés et permet à plus de 38 millions de personnes d’accéder aux services de paiement instantané.

Il existe cependant une distinction importante concernant les transferts internationaux.

Si les nouvelles conditions tarifaires nationales entrent en vigueur le 2 novembre 2026, leur extension aux transferts entre les pays de l’UEMOA est prévue pour le 1er juin 2027.

Les utilisateurs ne doivent donc pas considérer que tous les transferts transfrontaliers seront gratuits dès novembre.

Quels avantages pour les utilisateurs et les opérateurs ?

Cette réforme vise principalement à réduire le coût des petits transferts et à faciliter la circulation de l’argent entre établissements financiers.

Pour les particuliers, elle pourrait représenter une économie sur les opérations quotidiennes, notamment les envois de faibles montants à des proches.

Les nouveaux plafonds permettront également aux clients identifiés de conserver davantage d’argent sur leurs portefeuilles électroniques et d’effectuer des rechargements plus importants.

Pour les opérateurs, l’interopérabilité doit faciliter les échanges entre réseaux et réduire certaines barrières techniques.

La BCEAO cherche ainsi à renforcer l’inclusion financière et à encourager l’utilisation des paiements numériques dans une région où le mobile money occupe une place croissante.

L’application effective de ces nouvelles règles, à partir du 2 novembre, constituera désormais le principal enjeu pour les établissements concernés et leurs utilisateurs.

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