Togo : les réformes UEMOA reculent à 68,7 % de mise en œuvre

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Le Togo veut accélérer l’application des réformes de l’UEMOA après une baisse de son taux de mise en œuvre à 68,7 % au titre de 2025. Réunis le 29 septembre à Lomé, les acteurs concernés doivent notamment avancer sur 22 textes communautaires encore non transposés avant la prochaine revue annuelle.

Les réformes UEMOA reculent de 9,2 points au Togo

La réunion préparatoire de la 12e revue annuelle des réformes, politiques, programmes et projets communautaires de l’UEMOA s’est ouverte le 29 septembre au Centre administratif des services économiques et financiers (CASEF), à Lomé.

Les autorités togolaises y ont rappelé le recul enregistré lors du précédent exercice. Sur 145 réformes évaluées, le taux de mise en œuvre s’est établi à 68,7 % pour 2025, contre 77,9 % en 2024. La baisse atteint donc 9,2 points de pourcentage.

Cette contre-performance n’est toutefois pas une donnée nouvelle publiée fin septembre. Les résultats de la revue 2025 avaient déjà été présentés officiellement le 11 mai à Lomé par le président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop, et le ministre togolais des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola. L’UEMOA arrondissait alors le taux moyen à 69 %.

L’enjeu actuel est donc de corriger les retards avant l’évaluation suivante.

Vingt-deux textes communautaires restent à transposer

Le bilan dressé lors de la réunion préparatoire fait apparaître 22 textes encore non transposés dans le droit ou les dispositifs nationaux. Il s’agit de 19 directives, deux règlements et une décision communautaire.

Pour les représentants du gouvernement et de la Commission de l’UEMOA, ce retard nécessite davantage de coordination entre les administrations concernées. Les difficultés identifiées touchent notamment l’agriculture, la culture et l’artisanat.

Alioune Sène, représentant résident de la Commission de l’UEMOA au Togo, a appelé les administrations à se remobiliser. Des démarches avaient déjà été engagées au début de 2026, notamment une réunion critique en mars ainsi que des échanges avec plusieurs ministères et le secrétariat général du gouvernement.

L’objectif est désormais de disposer de preuves concrètes des avancées réalisées avant la prochaine évaluation.

Les projets UEMOA progressent malgré le recul des réformes

Le tableau est plus favorable du côté des programmes et projets communautaires. Leur taux d’exécution atteint 91,6 %, contre 78,9 % lors de la précédente évaluation, selon le ministère togolais des Finances. Le taux de décaissement s’établit pour sa part à 83,6 %.

Cette évolution contraste avec la baisse du taux d’application des réformes. Elle montre que les résultats du Togo diffèrent fortement selon les volets examinés par l’UEMOA.

La revue annuelle ne se limite en effet pas à mesurer la transposition des textes communautaires. Elle suit également l’exécution des politiques, programmes et projets engagés dans les États membres afin d’évaluer l’application effective des engagements pris au niveau régional.

Pour la revue 2025, l’évaluation togolaise avait porté sur 145 textes réglementaires, contre 132 l’année précédente, ainsi que sur trois projets et programmes communautaires représentant près de 3 milliards de FCFA.

Lomé prépare désormais la revue officielle de novembre

La réunion ouverte le 29 septembre doit précisément servir à préparer la prochaine étape de l’évaluation. Pendant trois jours, les experts et administrations concernés doivent examiner les insuffisances relevées et définir des mesures correctives avant la revue officielle prévue en novembre 2026.

Le mécanisme de revue annuelle a été instauré par les dirigeants de l’UEMOA afin d’accélérer l’application des décisions communautaires et de renforcer l’intégration économique entre les huit États membres.

Le recul à 68,7 % constitue donc avant tout un point de départ pour l’exercice 2026. La prochaine revue permettra de déterminer si les mesures engagées depuis le début de l’année ont effectivement permis au Togo de réduire le nombre de textes en attente et de renouer avec un taux de mise en œuvre plus proche de celui de 2024.

Luc GNANHOUI
Luc GNANHOUI
Spécialiste de l’actualité africaine, je produis des analyses stratégiques et des décryptages approfondis sur les transformations politiques, économiques et technologiques qui redéfinissent les équilibres du continent.

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