Un violent incendie à Bukavu a frappé jeudi 10 septembre deux établissements scolaires et plusieurs centaines d’habitations. Les sources hospitalières citées localement font désormais état d’au moins 27 enfants morts, tandis que les autorités cherchent encore à établir un bilan définitif.
Deux écoles prises dans les flammes
Le sinistre s’est déclaré dans la matinée dans la commune de Kadutu, une zone densément peuplée de Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu. Selon les premiers témoignages recueillis sur place, le feu serait parti d’une habitation avant de se propager rapidement aux bâtiments voisins.
Les écoles Furaha et Ujamaa ont été directement touchées alors que les enfants avaient déjà commencé leur journée. Certains élèves se sont retrouvés bloqués dans les bâtiments. D’autres ont tenté de sortir par les fenêtres ou de rejoindre les rares voies d’évacuation.
La panique a rapidement provoqué une bousculade. Plusieurs victimes seraient mortes asphyxiées par les fumées ou piétinées pendant leur fuite.
Le bilan atteint au moins 27 enfants selon des sources hospitalières
Les chiffres ont évolué tout au long de la journée. L’administration de l’AFC/M23, qui contrôle actuellement Bukavu, avait d’abord annoncé 24 élèves décédés, dont 19 filles et cinq garçons. Elle faisait également état de 29 personnes soignées, parmi lesquelles 21 se trouvaient en soins intensifs.
Le gouvernement provincial a ensuite fait état d’au moins 26 élèves morts, avec 19 filles et sept garçons. Des sources hospitalières citées par Radio Okapi ont finalement porté le bilan provisoire à 27 enfants.
Ces différences imposent encore de la prudence. Le ministère congolais de l’Éducation a demandé à ses services d’établir un bilan documenté. Les autorités doivent également identifier les besoins des élèves, des enseignants et des familles touchées.
Entre 300 et 500 habitations détruites
La catastrophe dépasse largement les deux écoles. Reuters rapporte qu’environ 300 maisons en bois ont été détruites. Des responsables locaux interrogés par des médias congolais évoquent jusqu’à 500 habitations touchées, ainsi qu’un dispensaire.
L’ampleur de la propagation s’explique en partie par la configuration du quartier. Les habitations sont nombreuses, rapprochées et parfois construites avec des matériaux facilement inflammables. Une fois le feu déclenché, les flammes peuvent donc passer rapidement d’une parcelle à l’autre.
La capacité d’intervention constitue une autre difficulté. Radio Okapi rapporte que Bukavu a dû solliciter le service anti-incendie du Rwanda voisin lors du sinistre. La ville ne disposerait pas d’équipements adaptés pour répondre à une catastrophe d’une telle ampleur.
L’origine précise du feu reste inconnue. Les autorités ont annoncé des investigations et le ministère de l’Éducation demande que les circonstances soient établies de manière rigoureuse.
Bukavu subit une inquiétante succession d’incendies
Le drame du 10 septembre n’est pas un événement isolé. Depuis plusieurs semaines, Bukavu connaît une série d’incendies qui détruisent régulièrement maisons, commerces et infrastructures scolaires.
Selon Actualite.cd, les autorités provinciales avaient recensé plus de 2 500 cas d’incendie dans la ville entre juillet et août. Le 2 septembre, deux autres établissements, l’école primaire Uhuru et l’Institut Fariala, avaient déjà été ravagés dans le quartier Cahi.
Cette répétition pousse désormais plusieurs acteurs locaux à réclamer davantage de prévention. Ils demandent notamment des moyens anti-incendie, une meilleure organisation des secours et un respect plus strict des règles d’urbanisme.
Le ministère de l’Éducation partage cette inquiétude. Il estime nécessaire de déterminer les causes des différents sinistres afin d’adopter des mesures capables de protéger les habitants et les établissements scolaires.
Une catastrophe aggravée par le contexte sécuritaire
La gestion du sinistre intervient enfin dans une situation politique particulière. Bukavu est contrôlée depuis février 2025 par l’AFC/M23, après l’avancée du mouvement rebelle dans l’est de la RDC. Le gouvernement central ne contrôle donc pas directement la ville.
Kinshasa affirme néanmoins conserver une responsabilité envers les élèves présents dans ces territoires. La ministre de l’Éducation a rappelé que les enfants et les enseignants vivant dans les zones sous occupation demeurent membres de la communauté éducative congolaise.
L’incendie à Bukavu met ainsi en lumière une double urgence. Il faut d’abord venir en aide aux familles et aux écoles touchées. Mais la répétition des incendies pose désormais une question plus structurelle sur la prévention, l’urbanisation et les capacités de secours dans une ville déjà fragilisée par le conflit.




