Décès du roi Oyo d’Ouganda : la famille royale conteste son successeur Edward Rukidi Kijanangoma

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La succession du roi Oyo plonge le royaume traditionnel de Tooro dans une crise inhabituelle à quelques heures de ses funérailles. Les anciens ont choisi Edward Rukidi Kijanangoma, mais la mère et la sœur du défunt monarque affirment qu’un fils tenu jusqu’ici à l’écart du public doit hériter du trône.

Edward Rukidi Kijanangoma choisi pour succéder au roi Oyo

Le comité de succession du clan royal a désigné le prince Edward Rukidi Kijanangoma comme prochain Omukama, titre porté par le roi de Tooro. Âgé de 56 ans, ce cousin d’Oyo travaille comme présentateur et éditeur pour la télévision publique Uganda Broadcasting Corporation.

Sa candidature a reçu le soutien de 19 membres du comité. Kijanangoma est le fils du prince Christopher Paul Kijanangoma et le petit-fils de George David Rukidi III, ancien roi de Tooro. Un autre membre de la famille, George Desmond Kamurasi, avait été envisagé avant de décliner la proposition.

La succession n’est pas automatique à Tooro. Contrairement à certaines monarchies héréditaires européennes, le souverain est choisi parmi les Babiito, le clan dynastique. Les anciens affirment donc disposer de l’autorité coutumière pour sélectionner un prince jugé apte à régner.

La famille affirme que le roi avait désigné son fils

Cette interprétation est directement contestée par les proches du roi défunt. Sa sœur, la princesse Ruth Komuntale, affirme qu’Oyo avait rédigé en 2022 un testament qui désignait son propre fils comme successeur. La reine mère Best Kemigisa soutient également cette position.

Le problème tient à l’identité de cet héritier. L’existence de ce fils n’était pas connue publiquement du vivant d’Oyo. Le président ougandais Yoweri Museveni l’a évoquée publiquement après le décès du roi, en expliquant avoir reçu cette information de la reine mère.

Aucun détail précis sur l’enfant ou sa mère n’a toutefois été communiqué. Oyo n’avait pas non plus de reine officiellement reconnue. Cette absence d’informations nourrit les interrogations des anciens qui défendent le choix de Kijanangoma.

Deux légitimités s’opposent donc. La famille invoque la volonté personnelle du roi, tandis que le comité de succession s’appuie sur les règles coutumières du royaume.

Les funérailles compliquées par la crise de succession

Le calendrier augmente encore la pression. Oyo doit être inhumé ce samedi 12 septembre dans les tombes royales de Karambi, près de Fort Portal. Des milliers de personnes sont attendues pour cette cérémonie soutenue par l’État ougandais.

Or, certaines traditions de Tooro imposent que le successeur soit établi avant l’inhumation du souverain précédent. Le gouvernement ougandais a donc engagé des discussions afin d’éviter que le conflit ne perturbe les rites funéraires.

La reine mère a parallèlement affirmé jeudi que plusieurs membres de la famille royale étaient retenus contre leur volonté au palais en raison de la querelle. Cette accusation ajoute une dimension particulièrement sensible à une succession déjà disputée.

Selon Reuters, les autorités nationales soutiennent désormais la succession de Kijanangoma afin de permettre la continuité des cérémonies. Cela ne signifie cependant pas que la contestation familiale soit juridiquement ou coutumièrement définitivement réglée.

Oyo avait seulement trois ans lorsqu’il est devenu roi

Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV est mort à 34 ans aux États-Unis, où il suivait un traitement contre un cancer agressif du cerveau. Les sources divergent légèrement sur la date, située dans la nuit du 27 au 28 août selon le fuseau retenu.

Son règne avait commencé dans des circonstances extraordinaires. En 1995, à seulement trois ans, il avait succédé à son père Olimi III et attiré l’attention internationale comme l’un des plus jeunes monarques du monde.

Il aura finalement régné pendant 31 ans. Son rôle restait essentiellement culturel puisque l’Ouganda est une république et que les royaumes traditionnels, supprimés en 1967 puis restaurés dans les années 1990, ne disposent pas d’un pouvoir politique comparable à celui du gouvernement.

Le souverain conserve néanmoins une influence symbolique considérable auprès des Batooro. La succession concerne aussi la gestion d’un important patrimoine royal et des allocations liées à l’institution, ce qui augmente les enjeux autour du choix du prochain Omukama.

Une succession du roi Oyo encore loin d’être apaisée

La désignation d’Edward Rukidi Kijanangoma devait assurer rapidement la continuité de la monarchie. Elle a finalement révélé une profonde divergence sur la manière dont Tooro doit choisir son souverain.

Les funérailles pourraient permettre de franchir une première étape, mais elles ne régleront pas nécessairement le conflit. Entre le testament attribué à Oyo, l’existence encore entourée de mystère de son fils et l’autorité revendiquée par les anciens, la succession du roi Oyo reste au centre d’un bras de fer entre volonté familiale et tradition dynastique.

Roseline GOUNDJO
Roseline GOUNDJO
Je suis Roseline Goundjo, journaliste rédactrice et je trouve plaisir dans la politique, la culture, la musique, la lecture et les voyages. Partie des appréciations des internautes sur mes différents écrits sur des sujets relatifs à la société, le People et les relations internationales, j'ai pris l'engagement de toujours les satisfaire.

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