L’ancien Premier ministre guinéen Sidya Touré sera inhumé le 9 octobre 2026 à Abidjan, conformément au choix de sa famille. Celle-ci a officiellement communiqué cette date au Premier ministre Amadou Oury Bah, tandis que la dépouille de l’opposant est arrivée en Côte d’Ivoire le 2 octobre.
La famille de Sidya Touré choisit Abidjan
La décision a été formalisée le 30 septembre lors d’une rencontre entre Amadou Oury Bah et une délégation de la famille de Sidya Touré. Celle-ci était conduite par Elhadj Mansour Fadiga, doyen des imams de Guinée et parent de l’ancien chef du gouvernement.
La délégation a informé le Premier ministre que l’inhumation aurait lieu le 9 octobre à Abidjan. La Primature guinéenne précise que ce choix correspond aux volontés de la famille.
Cette confirmation permet aussi de clarifier un calendrier devenu confus. Certains programmes funéraires diffusés ces derniers jours évoquent le 8 octobre. La communication officielle de la Primature guinéenne retient cependant la date du 9 octobre pour l’inhumation.
La dépouille de Sidya Touré est arrivée à Abidjan le 2 octobre en provenance de Paris. Plusieurs personnalités politiques guinéennes et ivoiriennes étaient présentes à l’aéroport Félix-Houphouët-Boigny pour lui rendre hommage.
Le gouvernement guinéen respecte la décision familiale
Les autorités guinéennes avaient annoncé dès le 28 septembre qu’elles laisseraient la famille déterminer le lieu des obsèques.
Amadou Oury Bah s’était alors rendu auprès des proches de Sidya Touré à Conakry pour présenter les condoléances du gouvernement et du président Mamadi Doumbouya. Le Premier ministre avait souligné que l’ancien chef du gouvernement restait une personnalité importante de l’histoire politique guinéenne.
La décision d’une inhumation en Côte d’Ivoire ne signifie donc pas que la Guinée restera à l’écart des hommages. La famille prévoit également une cérémonie à Kolon, dans la sous-préfecture de Tougnifily, préfecture de Boffa.
Une grande lecture du Coran et des prières funèbres doivent y être organisées le 9 octobre, en parallèle des cérémonies d’Abidjan.
Sidya Touré est mort à Paris le 25 septembre à l’âge de 81 ans. Ancien Premier ministre entre 1996 et 1999, il était ensuite devenu l’une des principales figures de l’opposition guinéenne à travers l’Union des forces républicaines.
Sidya Touré avait de solides attaches en Côte d’Ivoire
Le choix d’Abidjan s’inscrit aussi dans le parcours personnel et professionnel de Sidya Touré, même si sa famille n’a pas officiellement présenté ces liens comme la raison de sa décision.
L’ancien Premier ministre est né le 15 août 1945 à Dimbokro, dans le centre de la Côte d’Ivoire. Il y a effectué une partie importante de sa carrière administrative avant son retour en Guinée.
Il a notamment travaillé aux côtés d’Alassane Ouattara lorsque l’actuel président ivoirien occupait les fonctions de Premier ministre de Côte d’Ivoire au début des années 1990. Sidya Touré avait alors exercé comme directeur de cabinet.
Ces attaches avec la Côte d’Ivoire se sont prolongées au fil des années. Ces dernières années, il résidait notamment à Abidjan dans un contexte de tensions politiques avec les autorités guinéennes.
Son inhumation est annoncée au cimetière de Williamsville, dans le nord d’Abidjan. Les condoléances à la famille doivent également se poursuivre dans la capitale économique ivoirienne avant les cérémonies finales.
Des hommages entre Abidjan et la Guinée
Les obsèques de Sidya Touré prennent ainsi une dimension transnationale, à l’image d’une carrière partagée entre la Guinée et la Côte d’Ivoire.
À Abidjan, l’arrivée de sa dépouille a mobilisé plusieurs figures politiques, dont l’opposant guinéen Cellou Dalein Diallo. Des responsables ivoiriens ont également participé à l’accueil organisé à l’aéroport.
En Guinée, les hommages doivent se poursuivre autour de sa famille et de ses soutiens. Le gouvernement a pour sa part assuré qu’il accompagnerait les proches dans l’organisation des cérémonies.
L’attention se porte désormais sur le programme définitif du 9 octobre. En cas de nouvelle modification, la communication de la famille et celle des autorités guinéennes devront permettre de préciser le déroulement exact des funérailles.




