Le RHDP accélère sa restructuration sous l’impulsion d’Alassane Ouattara, avec une réorganisation qui touche désormais aussi bien le sommet que les structures locales du parti. Une nouvelle instance dirigeante resserrée se dessine, tandis que 38 secrétaires départementaux viennent d’être remplacés.
Alassane Ouattara resserre la direction du RHDP
La transformation engagée après le deuxième congrès ordinaire de juin 2025 franchit une nouvelle étape. Selon Africa Intelligence, Alassane Ouattara a installé durant l’été une nouvelle instance de direction au sein du parti présidentiel. Elle est placée sous l’autorité de Gilbert Koné Kafana et de Téné Birahima Ouattara.
Cette évolution ne signifie pas, à ce stade, la disparition des structures existantes. Le site officiel du RHDP continue notamment de présenter Alassane Ouattara comme président du parti, Gilbert Koné Kafana comme président du Directoire et Ibrahima Cissé Bacongo comme secrétaire exécutif. Le Directoire reste donc formellement l’un des principaux centres de décision.
L’intérêt de la nouvelle formule réside plutôt dans la recherche d’un pilotage plus resserré. Des informations de presse évoquent une structure fonctionnant parallèlement au Présidium et au Directoire, avec un rôle croissant accordé à Téné Birahima Ouattara. Cette architecture n’a cependant pas encore été détaillée officiellement par le RHDP.
Quatre nouveaux organes changent l’architecture du parti
La réforme dépasse ce nouveau comité. En mai, le Directoire avait déjà confirmé une redéfinition des missions du Congrès, de la Convention nationale, de la présidence du parti, du Bureau politique, du Conseil politique, du Directoire et du Secrétariat exécutif.
Quatre organes supplémentaires ont surtout fait leur apparition. Le RHDP dispose désormais d’un Conseil des sages et de médiation, d’une Inspection générale, d’un Conseil de discipline et d’un Conseil de l’ordre.
Alassane Ouattara a directement nommé plusieurs de leurs responsables. Alain Richard Donwahi dirige l’Inspection générale, François Amichia le Conseil de discipline et Sara Sako Fadiga le Conseil de l’ordre.
Le changement renforce notamment les instruments de contrôle interne. Discipline, médiation et surveillance du fonctionnement du parti disposent désormais de structures dédiées, alors qu’elles étaient auparavant davantage intégrées aux organes traditionnels.
38 secrétaires départementaux remplacés
La restructuration descend également jusqu’au niveau territorial. Une décision signée le 7 septembre par le secrétaire exécutif Ibrahima Cissé Bacongo nomme 38 nouveaux secrétaires départementaux dans 23 régions politiques.
Les changements concernent notamment Abidjan, avec Cocody, Port-Bouët et Yopougon, mais aussi San-Pédro, Yamoussoukro et plusieurs localités de l’intérieur du pays.
Le parti explique ces remplacements par différentes situations. Certains postes étaient vacants après des décès ou des indisponibilités. D’autres responsables ont été écartés pour résultats jugés insuffisants, problèmes de moralité ou indiscipline.
À Bondoukou-Laoudi-Ba, par exemple, l’ancien secrétaire d’État Siaka Ouattara cède son poste à Kouman Ouattara Abou.
Cette opération était préparée depuis plusieurs mois. En mars, 43 postes avaient été identifiés comme vacants ou à remplacer. En mai, le RHDP comptait encore 39 secrétariats départementaux à pourvoir.
Discipline et implantation deviennent prioritaires
La réforme poursuit aussi un objectif de maillage territorial. En mai, le parti revendiquait 1 294 853 militants enregistrés sur sa plateforme E-militants. Cela représentait 63,73 % d’un objectif fixé à 2 032 500 adhérents.
Le RHDP veut désormais accélérer le déploiement de ses structures de proximité. Son organisation officielle revendique 350 départements politiques, 929 délégations de zone, 9 206 sections et plus de 92 000 comités de base.
La direction insiste parallèlement sur la discipline. Le choix de remplacer certains cadres pour insuffisance de résultats ou comportement contraire aux règles du parti montre que la restructuration ne consiste pas seulement à ajouter de nouveaux organes.
Elle sert également à réévaluer les responsables déjà en place.
Le RHDP prépare déjà l’après-2025
Cette transformation intervient après la présidentielle de 2025 et alors que le parti réfléchit déjà aux prochaines échéances politiques. La question de la transmission générationnelle apparaît d’ailleurs explicitement dans ses débats internes. En mai, le Directoire avait encouragé les initiatives de jeunes cadres tout en demandant au Secrétariat exécutif de mieux les accompagner.
La création d’une direction plus resserrée autour de figures centrales nourrit inévitablement les interrogations sur l’équilibre futur du parti. Elle ne permet toutefois pas, en l’état, de conclure à la désignation d’un successeur à Alassane Ouattara.
Le RHDP accélère sa restructuration sur deux fronts. Il renforce ses mécanismes de décision et de discipline au sommet tout en renouvelant ses relais territoriaux. Derrière cette réforme organisationnelle se joue donc un enjeu plus large, celui de préparer un parti fortement structuré autour d’Alassane Ouattara à fonctionner durablement au-delà des échéances immédiates.




