Le Burkina Faso a lancé le 2 octobre 2026 la deuxième phase de ses Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne (JEPPC), avec le « Made in Burkina » comme nouveau mot d’ordre. Le gouvernement veut désormais articuler production, transformation et consommation locales pour réduire la dépendance économique du pays.
Le « Made in Burkina » devient le mot d’ordre des JEPPC
Le Premier ministre Rimtalba Jean-Emmanuel Ouédraogo a lancé cette deuxième phase de la troisième édition des JEPPC à Ouagadougou. Elle se déroule du 2 au 16 octobre sur l’ensemble du territoire burkinabè, dans le prolongement de la première phase organisée du 26 mars au 9 avril.
Le thème retenu, « Produisons burkinabè, consommons burkinabè ! », donne une orientation économique à cette nouvelle séquence. Les autorités ont également adopté le mot d’ordre « Tous pour le Made in Burkina : Faisons de chaque achat un acte de souveraineté ».
L’objectif affiché consiste à inciter les consommateurs à privilégier davantage les biens et services produits dans le pays. Le gouvernement présente cette préférence nationale comme un moyen de soutenir les producteurs, les artisans et les entreprises burkinabè.
Cette ambition reste toutefois une orientation politique. Son impact dépendra notamment de la capacité des filières locales à répondre à la demande en volume, en qualité et à des prix accessibles.
Plus de 7 millions de tonnes de céréales annoncées
Pour défendre sa stratégie, le gouvernement met en avant les progrès qu’il revendique dans la production agricole. Rimtalba Jean-Emmanuel Ouédraogo a indiqué que la production céréalière avait dépassé 7 millions de tonnes.
Le Premier ministre a également annoncé une production de riz supérieure à un million de tonnes. Ces chiffres sont avancés par les autorités burkinabè et illustrent, selon elles, les résultats des politiques destinées à accroître la production nationale.
Ils ne suffisent cependant pas à mesurer, à eux seuls, le niveau d’indépendance alimentaire du Burkina Faso. Les besoins de consommation, les capacités de stockage, les pertes après récolte ou encore les importations restent également déterminants.
La question du riz est particulièrement importante. Produire davantage localement peut réduire la dépendance aux achats extérieurs, mais cela suppose aussi de disposer de capacités suffisantes pour collecter, transformer et commercialiser les récoltes.
Transformer davantage les matières premières au Burkina
Le « Made in Burkina » ne concerne pas uniquement l’agriculture. Le deuxième axe mis en avant par le gouvernement porte sur la transformation locale.
Plusieurs filières disposent d’un potentiel important, notamment le coton, le karité, le sésame, la mangue, les cuirs et peaux ou encore le bétail. Une partie de ces productions est traditionnellement exportée avec un niveau de transformation limité.
L’enjeu consiste donc à conserver davantage de valeur ajoutée dans le pays. Transformer une matière première avant son exportation peut générer plus d’activités industrielles, créer des emplois et élargir les débouchés pour les producteurs.
Cette stratégie nécessite cependant des investissements dans les usines, l’énergie, le stockage, la logistique, la normalisation et la commercialisation. La promotion du « Made in Burkina » dépendra ainsi autant de la capacité industrielle que de la volonté des consommateurs de privilégier les produits nationaux.
Le troisième levier est précisément la consommation. Pour les autorités, production et transformation ne peuvent progresser durablement sans marché intérieur capable d’absorber une partie plus importante de l’offre locale.
Une exposition gouvernementale au SIAO jusqu’au 9 octobre
Le lancement des JEPPC s’accompagne d’une exposition gouvernementale organisée du 2 au 9 octobre au Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO).
Les différents départements ministériels y présentent les réalisations et acquis revendiqués par les autorités. L’événement doit aussi permettre au public de découvrir plusieurs initiatives conduites dans le cadre des politiques nationales.
Cette exposition donne au gouvernement une vitrine pour relier son discours sur la souveraineté économique aux projets engagés dans différents secteurs. Elle intervient alors que la consommation locale occupe une place croissante dans la stratégie économique affichée par Ouagadougou.
Le véritable test viendra toutefois après les JEPPC. Au-delà du slogan, la progression du « Made in Burkina » pourra notamment s’apprécier à travers l’évolution de la production locale, des capacités de transformation, des importations et de la place réellement accordée aux entreprises nationales dans la consommation.




