RDC : Ebola a déjà tué 961 enfants depuis mai

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L’épidémie d’Ebola en RDC frappe durement les enfants : 961 moins de 18 ans étaient morts au 27 septembre 2026, selon une analyse de Save the Children fondée sur les données du ministère de la Santé. Parmi eux, 623 avaient moins de cinq ans, la tranche d’âge qui présente la létalité la plus élevée.

961 enfants morts sur 2 071 contaminés

Depuis la déclaration de l’épidémie le 15 mai, au moins 2 071 enfants de moins de 18 ans avaient contracté Ebola au 27 septembre. Parmi eux, 961 sont décédés, soit près d’un enfant infecté sur deux.

Save the Children estime que cela représente environ sept décès d’enfants par jour en moyenne depuis le début de l’épidémie. Ce chiffre n’est toutefois pas un bilan quotidien officiel : il résulte d’un calcul réalisé par l’organisation à partir des données sanitaires cumulées.

Le bilan pédiatrique s’inscrit dans une épidémie beaucoup plus large. Au 27 septembre, la RDC comptabilisait 8 116 cas et 3 924 décès, selon les données sanitaires reprises par l’organisation.

L’épidémie, provoquée par le virus Ebola de l’espèce Bundibugyo, s’est étendue à plusieurs provinces. Fin septembre, l’Organisation mondiale de la santé faisait état de dizaines de zones de santé touchées et d’une transmission toujours active.

Les moins de cinq ans particulièrement vulnérables

Les enfants les plus jeunes concentrent une part importante des décès. Sur les 961 décès pédiatriques recensés, 623 concernaient des enfants de moins de cinq ans, soit près des deux tiers.

Cette surmortalité ne tient pas seulement au nombre d’infections. Le taux de létalité calculé chez les enfants âgés de zéro à quatre ans atteint environ 61 %, contre environ 48 % pour l’ensemble des cas recensés dans l’épidémie.

L’OMS avait déjà signalé cette vulnérabilité particulière. Les moins de cinq ans présentent un risque de décès supérieur à celui des enfants plus âgés et des adultes.

Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer. Chez les jeunes enfants, l’état clinique peut se dégrader rapidement. Le diagnostic tardif complique également la prise en charge, surtout lorsque les premiers symptômes ressemblent à ceux d’autres maladies fréquentes.

L’OMS indique aussi qu’une part importante des décès de jeunes enfants survient hors des centres spécialisés, à domicile ou dans des structures sanitaires où Ebola n’a pas été identifié suffisamment tôt.

Une épidémie sans vaccin homologué pour cette souche

La situation est d’autant plus préoccupante que l’épidémie actuelle est liée au virus Bundibugyo. Contrairement à la souche Zaïre d’Ebola, aucun vaccin spécifiquement homologué n’est actuellement disponible contre cette forme du virus.

Les autorités sanitaires et leurs partenaires s’appuient donc principalement sur la surveillance, l’identification rapide des malades, leur isolement, la recherche des contacts et le renforcement des mesures de prévention dans les communautés et les établissements de santé.

Le défi est particulièrement important dans les zones éloignées ou affectées par l’insécurité. Les déplacements de population et les échanges entre provinces compliquent également le contrôle des chaînes de transmission.

Une détection rapide reste déterminante pour améliorer les chances de survie. Plus un enfant est pris en charge tôt dans une structure adaptée, plus les équipes médicales peuvent traiter les complications, assurer l’hydratation et surveiller son état.

Des conséquences qui dépassent les décès

L’impact d’Ebola sur les enfants ne se limite pas aux contaminations. Les décès d’adultes bouleversent aussi les structures familiales et exposent certains mineurs à l’orphelinat ou à la séparation familiale.

Save the Children indiquait dès août qu’au moins 180 enfants avaient perdu leurs deux parents ou leurs principaux responsables depuis le début de l’épidémie. Ce chiffre illustre les conséquences sociales durables de la crise sanitaire.

Les enfants survivants ou ayant perdu des proches peuvent également avoir besoin d’un accompagnement psychologique, d’une protection spécifique et d’une aide pour retrouver leur famille ou poursuivre leur scolarité.

Avec une transmission encore active fin septembre, le bilan de 961 décès ne constitue pas nécessairement un chiffre définitif. L’évolution des prochaines semaines dépendra notamment de la rapidité du dépistage, de l’accès aux soins et de la capacité à interrompre les nouvelles chaînes de contamination.

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