Insécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest : 41,8 millions de personnes touchées

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L’insécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest et au Sahel touchait 41,8 millions de personnes fin 2025, dont plus de 1,4 million dans une situation d’urgence. Face à cette crise, la CEDEAO s’est réunie à Dakar les 22 et 23 octobre 2026 pour renforcer sa réserve régionale de sécurité alimentaire et améliorer l’assistance aux populations vulnérables.

Quels pays sont les plus touchés par l’insécurité alimentaire ?

Les chiffres proviennent du Cadre harmonisé de décembre 2025, un outil régional d’analyse des crises alimentaires. Ils concernent les personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë de phase 3 ou supérieure, c’est-à-dire celles qui ne peuvent plus satisfaire leurs besoins alimentaires essentiels sans recourir à des stratégies de survie.

Selon les données publiées par le Centre régional AGRHYMET, plusieurs pays concentrent une grande partie des personnes touchées :

  • Nigeria : plus de 27,2 millions de personnes ;
  • Cameroun : plus de 3 millions ;
  • Tchad : plus de 1,9 million ;
  • Niger : plus de 1,8 million ;
  • Ghana : plus de 1,5 million ;
  • Guinée : plus de 1,4 million.

Ces estimations portent sur la période d’octobre à décembre 2025. Elles ne constituent donc pas un nouveau bilan établi en octobre 2026.

La situation est particulièrement préoccupante pour les 1,4 million de personnes classées en phase 4, dite d’urgence. À ce niveau, les ménages subissent de graves déficits alimentaires et peuvent être contraints de vendre leurs moyens de production pour survivre.

Pourquoi la crise alimentaire persiste-t-elle au Sahel ?

L’insécurité alimentaire résulte de plusieurs facteurs qui fragilisent simultanément les ménages.

Les conflits armés constituent une première cause. Au Mali, au Niger, dans le bassin du lac Tchad et dans certaines régions du Nigeria, l’insécurité empêche de nombreuses familles de cultiver leurs terres ou d’accéder aux marchés.

Les déplacements forcés aggravent également les difficultés. Les populations qui quittent leur domicile perdent souvent leurs revenus, leurs réserves alimentaires et leurs moyens de production.

Les chocs climatiques représentent un autre facteur majeur. Les sécheresses, les inondations et l’irrégularité des précipitations affectent les récoltes et réduisent les ressources des éleveurs.

À ces difficultés s’ajoute la baisse du pouvoir d’achat. La hausse des prix alimentaires et des intrants agricoles limite les possibilités d’approvisionnement des ménages pauvres.

La FAO souligne également que la diminution des financements humanitaires réduit les capacités d’intervention dans les zones les plus vulnérables.

Cette accumulation de risques explique pourquoi les crises alimentaires persistent malgré les récoltes saisonnières et les dispositifs d’assistance existants.

Pourquoi 52,8 millions de personnes étaient-elles menacées en 2026 ?

Les projections établies fin 2025 annonçaient une possible aggravation de la crise pendant la période de soudure, entre juin et août 2026.

Selon la FAO, jusqu’à 52,8 millions de personnes risquaient alors de subir une insécurité alimentaire aiguë, soit environ 11 millions de plus que durant la période d’octobre à décembre 2025.

La période de soudure correspond aux mois qui précèdent les nouvelles récoltes. Les réserves alimentaires des ménages diminuent, tandis que les familles doivent parfois acheter davantage de nourriture sur les marchés.

Les populations rurales pauvres sont particulièrement exposées, notamment lorsqu’elles dépendent directement de leurs propres récoltes.

Toutefois, les 52,8 millions constituent une projection établie avant cette période, et non un bilan définitif du nombre de personnes effectivement touchées durant l’été 2026.

Cette distinction est essentielle pour mesurer l’évolution réelle de la crise.

Comment la CEDEAO veut-elle renforcer son aide alimentaire ?

Réunie à Dakar les 22 et 23 octobre 2026, la CEDEAO examine les moyens d’améliorer sa Réserve régionale de sécurité alimentaire.

Créée en 2013, cette réserve constitue le troisième niveau du dispositif régional de réponse aux crises, après les stocks communautaires et les réserves nationales.

Elle permet de mobiliser des denrées alimentaires lorsqu’un pays ne dispose plus de capacités suffisantes pour répondre aux besoins de ses populations.

Les discussions portent notamment sur le financement des stocks, les interventions d’urgence et leur renouvellement.

Les responsables doivent également examiner les opérations réalisées depuis mars 2025 et préparer le budget de la réserve pour 2027.

L’objectif est de rendre les interventions plus rapides et de garantir des ressources financières suffisantes pour répondre aux futures crises.

Pour la CEDEAO, le principal défi consiste désormais à transformer la solidarité régionale en assistance effective, alors que les conflits, les difficultés économiques et les risques climatiques continuent de menacer la sécurité alimentaire de millions de personnes.

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