Les relations entre Paris et Alger traversent une nouvelle zone de turbulences, mais la France semble décidée à reprendre le contact. Dimanche 19 octobre 2025, le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a exprimé la volonté du gouvernement de relancer un dialogue « franc, lucide et exigeant » avec l’Algérie. Une déclaration qui intervient dans un contexte de gel diplomatique persistant depuis plus d’un an, marqué par des tensions politiques, migratoires et sécuritaires.
Paris veut rouvrir les canaux de discussion
Selon Laurent Nuñez, l’absence de coopération sécuritaire avec Alger constitue aujourd’hui « un gros problème » pour la France. Le ministre a notamment pointé les difficultés rencontrées par les autorités françaises à obtenir des informations essentielles sur les ressortissants algériens faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire (OQTF). Cette rupture des échanges, amorcée en 2024, pèse lourdement sur la gestion des dossiers migratoires et sur la coopération policière.
Malgré ce climat tendu, Paris insiste sur le maintien du cadre juridique qui régit les relations entre les deux pays. L’accord franco-algérien de 1968, qui fixe notamment les conditions de circulation et de séjour des ressortissants algériens en France, reste selon le gouvernement « pleinement valide ». Aucune remise en cause de ce texte n’est, pour l’heure, « à l’ordre du jour », précise le ministère de l’Intérieur, qui privilégie la voie diplomatique à celle de la confrontation.
Une main tendue pour surmonter les différends
La France veut désormais dépasser les crispations et rétablir un dialogue constructif. L’objectif : relancer la coopération migratoire, renforcer le partage de renseignement et reprendre la collaboration en matière de lutte contre le terrorisme. « Nous devons retrouver un dialogue de confiance, sans détour, basé sur le respect mutuel », aurait confié un proche du dossier.
Du côté algérien, le silence reste pour l’instant de mise. Alger n’a pas officiellement réagi à la déclaration française, signe d’une prudence diplomatique ou d’une méfiance persistante. Les relations entre les deux pays s’étaient déjà tendues ces dernières années, notamment à la suite d’expulsions de personnels consulaires et de divergences sur la mémoire coloniale.
En dépit de ces obstacles, Paris espère un dégel progressif des échanges. Cette ouverture diplomatique vise à recréer un espace de discussion, loin des postures et des rancunes anciennes. Si l’Algérie saisit cette main tendue, une nouvelle étape pourrait s’ouvrir dans l’histoire souvent complexe, mais profondément liée, entre les deux rives de la Méditerranée.




