“Fier d’être Africain” : Olivier Serva revendique ses racines africaines face aux attaques racistes

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À l’heure où les débats sur l’identité et l’immigration dominent une partie du discours public en France, un parlementaire a choisi de poser un geste fort. Olivier Serva, député de Guadeloupe, a récemment acquis la nationalité béninoise. Ce choix, à la fois personnel et politique, illustre la volonté d’un élu de revendiquer ses racines africaines et de répondre à la montée d’un climat qu’il qualifie de « xénophobe ».

Une démarche identitaire inscrite dans l’histoire

En mai 2025, Olivier Serva a officiellement obtenu la citoyenneté du Bénin par décret présidentiel. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une loi adoptée en 2024, qui permet aux descendants d’Africains déportés lors de la traite transatlantique d’accéder à la nationalité béninoise.
L’élu a confirmé avoir retracé son ascendance grâce à des recherches généalogiques et à des tests ADN. Sa première visite à Cotonou, en janvier, a marqué un tournant. « Penser que vos aïeux sont passés par là, j’en suis sorti bouleversé », a-t-il déclaré après avoir parcouru la route des esclaves à Ouidah, jusqu’à la Porte du Non-Retour, lieu de mémoire majeur de la traite négrière.

Entre fierté africaine et dénonciation du climat français

L’acquisition de cette double nationalité ne constitue pas pour Olivier Serva un reniement de sa citoyenneté française. L’élu affirme vouloir assumer publiquement son héritage. « En tant que député français, je veux affirmer à mes homologues et à la France que je suis fier aussi d’être Africain », a-t-il insisté.

Dans le même temps, il critique une dérive politique en France. Selon lui, certains discours nourrissent un rejet de l’autre : « La France doute, et il faut trouver un bouc émissaire. L’étranger est tout trouvé ». Il dénonce les expressions telles que « Français de papiers » ou « submersion migratoire », qu’il considère comme des marqueurs d’un racisme banalisé.

Ce positionnement s’inscrit également dans une dynamique initiée par le président béninois Patrice Talon. Depuis son arrivée au pouvoir, ce dernier mise sur le tourisme mémoriel et le lien avec la diaspora comme leviers politiques et économiques. En juillet, il a même nommé le réalisateur américain Spike Lee et son épouse comme ambassadeurs thématiques auprès des Afro-descendants aux États-Unis.

Le geste d’Olivier Serva dépasse la simple reconnaissance administrative. Il souligne la volonté d’un parlementaire de donner un sens politique à son héritage, tout en rappelant les fractures mémorielles entre l’Europe et l’Afrique. En France, sa décision résonne comme un appel à interroger la montée des discours identitaires et les tensions liées à l’immigration. Au Bénin, elle illustre la stratégie d’un pays qui cherche à se reconnecter avec ses diasporas et à valoriser son histoire comme moteur d’avenir. Reste à savoir si ce double ancrage, revendiqué par Olivier Serva, inspirera d’autres élus ou personnalités issues de l’outre-mer à suivre le même chemin.

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