Burkina Faso : Faso SANU créée pour reprendre le contrôle des mines d’or

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Le Burkina Faso renforce son contrôle sur l’exploitation artisanale de l’or. Le 5 novembre 2026, le gouvernement d’Ibrahim Traoré a adopté plusieurs décrets pour réorganiser les sites miniers illégaux et créer une société publique baptisée Faso SANU. Cette réforme vise notamment à réduire les pertes financières de l’État, à sécuriser les zones d’extraction et à mieux encadrer les activités des orpailleurs.

Faso SANU, une nouvelle société publique pour encadrer l’or

Réuni en Conseil des ministres à Ouagadougou, le gouvernement burkinabè a approuvé la création de Faso SANU, une entreprise d’État dont le nom signifie « or » en langue dioula.

Selon le communiqué officiel de la présidence, cette structure doit fournir à l’administration les moyens techniques nécessaires pour réorganiser l’exploitation artisanale et intervenir sur les sites miniers concernés par la réforme.

Le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières, Yacouba Zabré Gouba, a précisé la répartition du capital de la nouvelle entreprise :

  • 50 % pour la Société nationale des substances précieuses (SONASP) ;
  • 50 % pour le Trésor public.

La société sera donc entièrement détenue par des entités publiques. Un autre décret adopté le même jour approuve ses statuts et fixe son cadre juridique.

Faso SANU devra notamment contribuer à l’assainissement de l’exploitation artisanale et semi-mécanisée illégale, à la résolution des conflits miniers et à la valorisation des ressources aurifères.

Le gouvernement entend ainsi disposer d’un nouvel outil d’intervention dans un secteur où une partie de la production échappe encore aux circuits officiels.

Toutefois, les autorités n’ont pas encore précisé le capital initial de Faso SANU, ses effectifs ou la date effective de démarrage de ses activités.

Quels sites miniers seront concernés par la réorganisation ?

La réforme ne vise pas indistinctement toutes les exploitations artisanales du Burkina Faso.

Le premier décret adopté le 5 novembre définit les conditions de réorganisation de plusieurs catégories de sites, conformément au Code minier du 18 juillet 2024.

Trois situations sont particulièrement concernées : les sites exploités illégalement, ceux faisant l’objet de conflits et les périmètres présentant un intérêt stratégique pour l’État.

Ces situations posent des difficultés différentes. L’exploitation illégale peut priver les finances publiques de recettes, tandis que les conflits sur les périmètres miniers compliquent les activités des exploitants et exposent les populations à des tensions.

Le gouvernement entend donc intervenir pour clarifier les conditions d’exploitation et sécuriser ces zones.

La réforme vise également à mieux contrôler les flux financiers issus de la commercialisation de l’or. Les autorités dénoncent notamment les pertes provoquées par les circuits informels ou criminels.

L’enjeu environnemental figure aussi parmi les priorités. Le nouveau dispositif doit contribuer à limiter l’utilisation de produits chimiques nocifs non autorisés, susceptibles de contaminer les sols et les ressources en eau.

Le ministre Yacouba Zabré Gouba a par ailleurs rappelé que l’emploi des enfants sur les sites miniers reste interdit et expose les contrevenants aux sanctions prévues par la législation.

Pour les orpailleurs, ces décisions pourraient entraîner de nouvelles modalités d’encadrement des activités. Cependant, aucun calendrier national détaillé de réorganisation des sites n’a encore été communiqué.

Pourquoi le Burkina Faso veut mieux contrôler son or

La création de Faso SANU intervient alors que le Burkina Faso accélère sa politique de maîtrise des ressources minières.

L’or constitue l’une des principales richesses du pays et une source importante de recettes d’exportation.

Selon les données gouvernementales, la production nationale a dépassé 94 tonnes en 2025, contre un peu plus de 61 tonnes en 2024. L’exploitation artisanale a contribué à cette progression, avec environ 42 tonnes produites en 2025.

Cette importance économique explique la volonté des autorités de renforcer la traçabilité de l’or extrait et de mieux organiser sa commercialisation.

Le 28 septembre 2026, Ibrahim Traoré a notamment inauguré Raffinor-BF, la première raffinerie nationale d’or, avec une capacité initiale annoncée de 164 tonnes par an.

Comme l’expliquait ZyAfrik dans son analyse sur la raffinerie d’or et le défi des 164 tonnes, l’approvisionnement de cette infrastructure constitue désormais un enjeu important pour les autorités.

Une meilleure organisation des sites artisanaux pourrait faciliter l’orientation d’une partie de la production vers les circuits nationaux de collecte et de transformation.

La SONASP joue déjà un rôle dans cette stratégie. L’entreprise publique participe à la collecte, à la commercialisation et à la valorisation des substances précieuses.

Avec Faso SANU, l’État souhaite renforcer son intervention directement au niveau des sites d’extraction.

La prochaine étape pour les orpailleurs burkinabè

La réforme marque une nouvelle étape réglementaire, mais son application sur le terrain reste à organiser.

Les autorités devront notamment préciser les modalités d’intervention de Faso SANU, les conditions applicables aux exploitants concernés et les dispositifs de règlement des conflits.

La réussite de cette réorganisation dépendra aussi de la capacité du gouvernement à concilier la formalisation des activités minières avec les moyens de subsistance des populations qui vivent de l’orpaillage.

Pour les exploitants artisanaux, le principal changement attendu concerne donc l’encadrement des sites et leur intégration progressive dans des circuits réglementés.

La création de Faso SANU est désormais actée sur le plan juridique. Reste à connaître les premiers sites sur lesquels la nouvelle société interviendra et les mesures concrètes qui accompagneront les orpailleurs dans cette transition.

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