Quelques jours après la clôture des candidatures pour la présidentielle, le Bénin entre dans une nouvelle phase du processus électorale. La Commission électorale nationale autonome (CENA) a officiellement lancé, vendredi, l’enregistrement des candidatures pour les élections communales prévues le 11 janvier 2026. Un processus crucial pour la vie politique locale, alors que les partis se préparent à une compétition décisive dans les 546 arrondissements du pays.
Un processus encadré et numérique
Deux jours après le processus d’enregistrement de candidatures, la CENA indique qu’à la date du 25 octobre, aucune déclaration de candidature n’a encore été enregistrée. Selon le calendrier publié par la CENA, le dépôt des candidatures est ouvert jusqu’au mardi 28 octobre 2025. L’institution a rappelé que les partis politiques doivent se conformer aux dispositions du Code électoral. Chaque formation est tenue de présenter 3 630 dossiers complets, couvrant l’ensemble des arrondissements du territoire national.
Pour la première fois, la CENA met à disposition un logiciel de gestion des candidatures, conçu pour fluidifier la procédure et éviter les erreurs administratives. À la réception des dossiers, un récépissé provisoire est remis aux représentants des partis, avant un examen approfondi de quinze jours destiné à vérifier la conformité des pièces.
Ce processus vise à renforcer la transparence et la crédibilité du scrutin communal, souvent perçu comme un test de proximité avant les grands rendez-vous nationaux. Dans un contexte où la digitalisation gagne les institutions publiques, cette innovation pourrait marquer une étape importante dans la modernisation du système électoral béninois.
Une séquence politique sous tension
L’ouverture des candidatures communales intervient dans un climat politique particulier. La présidentielle de 2026, prévue quelques jours plus tôt, a été marquée par l’invalidation de la candidature du parti Les Démocrates, dirigé par l’ancien président Boni Yayi. Ce dernier a récemment rencontré le président Patrice Talon pour évoquer une issue à cette impasse, signe que le dialogue politique reste nécessaire pour apaiser les tensions.
Dans ce contexte, les communales s’annoncent comme un baromètre du rapport de force entre les formations politiques. Pour la mouvance présidentielle, elles permettront de consolider son ancrage local. Pour l’opposition, elles représentent une occasion de démontrer son poids électoral et de renouer avec les bases, après plusieurs années de contestation institutionnelle.
Les partis se mobilisent déjà pour finaliser leurs dossiers. Dans plusieurs grandes villes comme Cotonou, Parakou ou Porto-Novo, les coordinations locales tiennent des réunions intensives pour constituer les listes et mobiliser leurs militants. La perspective de ce scrutin relance la dynamique politique à l’échelle locale et fait renaître les ambitions chez de nombreux acteurs de terrain.




