C’est une annonce qui a surpris autant qu’elle a ému ses partisans. Ce mardi 28 octobre 2025, depuis son cabinet de Jéricho à Cotonou, Me Renaud Agbodjo a pris la parole pour la première fois depuis le rejet définitif de sa candidature à la présidentielle béninoise de 2026. Dans un ton calme, mais empreint de gravité, l’avocat a annoncé son retrait temporaire de la vie politique, expliquant vouloir se recentrer sur sa famille et son cabinet.
Me Renaud Agbodjo déplore une « décision malheureuse et dommageable »
La Cour constitutionnelle avait confirmé la veille le rejet de son dossier, déjà invalidé par la Commission électorale nationale autonome (CENA). Une décision que Me Agbodjo qualifie de « malheureuse et dommageable » pour la démocratie béninoise. Selon lui, cette issue résulterait de dysfonctionnements internes à son parti, Les Démocrates, ainsi que d’une « adversité globale » ayant empêché un traitement équitable de sa candidature.
Malgré sa déception, le juriste a tenu à afficher un profond respect pour les institutions et la légalité. « En tant que praticien du droit, je me vois obligé, malgré moi, de prendre acte de la décision de la Cour constitutionnelle », a-t-il déclaré. Ses propos, empreints de retenue, traduisent la volonté d’un homme désireux de préserver la stabilité politique du pays tout en exprimant sa désapprobation. Dans un passage particulièrement émouvant, Me Agbodjo a rendu hommage à ses partisans et sympathisants, saluant « la ferveur et la liesse populaire » suscitées par sa désignation. Il a exprimé sa gratitude envers tous ceux qui l’ont soutenu dans cette aventure politique, marquant un adieu provisoire teinté d’émotion et de reconnaissance.
« Je me retire pour un temps » : entre pause stratégique et message de paix
« Après mûre réflexion, je me retire de la vie politique béninoise pour un temps », a confié Me Agbodjo, soulignant qu’il souhaite désormais se consacrer à sa famille, à son cabinet et à ses proches. Ce retrait, présenté comme temporaire, semble davantage correspondre à une mise en retrait stratégique qu’à une rupture définitive avec la politique. L’avocat a tenu à apaiser les tensions nées du rejet de sa candidature, appelant ses partisans à la retenue et à la non-violence. « J’invite le peuple béninois à ne poser aucun acte de violence ou de représailles afin de préserver la paix sociale et la concorde », a-t-il insisté, tout en encourageant l’usage du dialogue pour résoudre les différends.
Dans cette déclaration solennelle, Me Agbodjo s’est aussi distingué par son discours d’unité et de réconciliation. Il a affirmé n’éprouver « aucune rancune » envers ses adversaires politiques, y compris l’honorable Michel Sodjinou, dont le parrainage controversé avait contribué au blocage de son dossier. Ce ton mesuré, loin de la colère ou de la polémique, témoigne d’une volonté d’apaisement rare dans le climat politique actuel. Son départ temporaire ouvre une période de réflexion pour ses partisans, nombreux à espérer un retour futur sur la scène politique. En attendant, Me Agbodjo laisse l’image d’un homme de conviction, fidèle à ses principes et soucieux de la paix civile, qui choisit de s’effacer sans renoncer à ses idéaux.




