Au petit matin de ce samedi 15 novembre 2025, les députés béninois ont approuvé une nouvelle Constitution au terme d’une séance parlementaire particulièrement suivie. Le texte a été adopté après deux votes successifs, révélant un Parlement divisé mais majoritairement favorable à la réforme. Cette révision, qui ne s’appliquera qu’à partir de 2026, introduit plusieurs changements institutionnels importants, suscitant déjà des discussions au sein de la population.
Deux assemblées au Parlement
L’un des points les plus marquants de la réforme est l’introduction d’une seconde chambre parlementaire : le Sénat. Une première dans l’histoire récente du pays. L’institution comptera entre 25 et 30 membres, désignés ou membres de droit, avec une limite d’âge fixée à 85 ans.
Le Sénat aura pour mission d’assurer une régulation politique. Elle sera notamment chargée de veiller au maintien de l’unité nationale et de la cohésion sociale. Le Sénat disposera aussi du pouvoir de demander une seconde lecture des lois votées par l’Assemblée nationale, à quelques exceptions près comme la loi de finances. Sa création vise à offrir un contrepoids institutionnel supplémentaire, même si son rôle exact et son influence réelle restent encore au cœur des débats.
Des mandats rallongés et une nouvelle règle pour les députés
Autre changement notable introduit par la réforme concerne la durée des mandats électifs. Le président de la République exercera désormais des mandats de sept ans au lieu de cinq, tout en restant limité à deux mandats consécutifs. Les députés, les maires et les conseillers communaux bénéficieront également d’un mandat prolongé à sept ans. Une autre nouveauté attire particulièrement l’attention : tout député qui quitte son parti perd automatiquement son siège. Cette disposition cherche à décourager les changements d’étiquette fréquents dans la vie politique béninoise et à consolider la discipline au sein des formations.
Cette décision, loin de laisser les citoyens indifférents, suscite interrogations et attentes. Beaucoup se demandent si cet allongement permettra une meilleure stabilité institutionnelle ou s’il risque d’éloigner davantage les élus de leurs administrés. Cette réforme, présentée comme une évolution structurelle, ouvre une nouvelle phase politique, dont les effets se feront sentir dès les élections de 2026.




