À mi-parcours des négociations de la COP30 à Belém, une dynamique nouvelle s’installe autour de la question cruciale du financement de l’adaptation climatique. La coalition internationale qui milite pour l’instauration d’une taxe sur les classes premium et les jets privés s’est élargie à trois nouveaux membres : Djibouti, le Nigeria et le Soudan du Sud. Une avancée jugée stratégique, alors que la pression s’intensifie pour trouver des ressources financières nouvelles.
Une coalition renforcée autour d’un projet de taxation climatique
Cette alliance, lancée fin juin par huit pays dont la France, l’Espagne et le Kenya, vise à imposer une taxation spécifique sur les classes affaires, les premières classes et les jets privés. Objectif : dégager des fonds destinés à soutenir les pays les plus vulnérables face au changement climatique. L’entrée de Djibouti, du Nigeria et du Soudan du Sud marque un tournant important, car elle élargit la représentativité géographique et politique du groupe. Le Brésil, pays hôte de la COP30, a quant à lui rejoint la coalition en tant qu’observateur, aux côtés des Fidji et du Vanuatu, deux États insulaires particulièrement exposés à la montée des eaux.
Pour les membres déjà engagés, comme la France, le débat porte désormais sur une augmentation progressive du niveau de taxation. Si Paris se dit favorable à une réflexion commune, le gouvernement français rappelle toutefois ne pas envisager de nouvelles mesures pour le moment, craignant un impact économique ou social dans un contexte de transition déjà tendu.
Entre pression populaire et divergences internationales
Alors que les discussions techniques se poursuivent à Belém, la société civile multiplie les actions pour rappeler l’urgence climatique. Samedi 15 novembre, plusieurs milliers de personnes ont défilé dans les rues de la ville dans une ambiance festive, déterminées à « mettre la pression » sur les négociateurs. Les manifestants ont réclamé des engagements concrets et un financement ambitieux pour freiner la hausse des températures mondiales.
Pour les partisans de la taxe climatique, l’équation est simple : les vols premium et les jets privés représentent une part disproportionnée des émissions aériennes, tout en bénéficiant largement aux catégories les plus aisées. Une fiscalité ciblée permettrait de générer des ressources rapides et substantielles. Mais malgré cet élan, l’unité internationale demeure fragile. L’Allemagne a annoncé son intention de revenir sur la hausse récente de la taxe sur les billets d’avion, préférant soutenir la relance du secteur aérien. Une décision qui illustre les divergences persistantes au sein des grandes économies.




