Washington a décidé de mobiliser 1,3 milliard de dollars pour soutenir les systèmes de santé du Niger, du Burkina Faso et de la République démocratique du Congo. Ces accords sanitaires de cinq ans visent à renforcer la lutte contre les maladies infectieuses tout en améliorant la résilience des infrastructures médicales locales. Le dispositif s’inscrit dans la stratégie américaine dévoilée en 2025 pour transformer la coopération sanitaire avec plusieurs pays africains. Les précisions.
Une aide massive pour lutter contre les maladies infectieuses
Les protocoles d’accord signés entre les États-Unis et les trois pays africains prévoient un financement global d’environ 1,3 milliard de dollars. La République démocratique du Congo capte l’essentiel de cette enveloppe avec 900 millions de dollars. Le Niger reçoit 179 millions de dollars tandis que le Burkina Faso bénéficie de 147 millions.
L’objectif affiché consiste à renforcer la capacité de ces États à détecter rapidement les maladies infectieuses et à empêcher leur propagation à l’échelle régionale ou internationale. Les financements serviront notamment à consolider les programmes de lutte contre le VIH, à améliorer le dépistage et à assurer la continuité des traitements. Washington prévoit également d’investir dans des outils de diagnostic plus rapides et dans des campagnes de prévention destinées à réduire la stigmatisation autour de certaines pathologies.

Les progrès enregistrés dans certains pays illustrent l’impact potentiel de ce type de soutien. Au Burkina Faso, le taux de prévalence du VIH a fortement reculé en un quart de siècle. Il est passé de plus de 7 pour cent à la fin des années 1990 à environ 0,6 pour cent en 2023 selon les données d’Onusida. En République démocratique du Congo, la situation reste plus préoccupante avec plus d’un demi-million de personnes vivant avec le virus et un nombre de nouvelles infections encore élevé.
A lire également : Lutte contre le VIH/Sida : une aide salvatrice pour l’Afrique du Sud après le démantèlement de l’USAID
Paludisme et santé maternelle au cœur du dispositif
Les accords couvrent également la lutte contre le paludisme, l’une des principales causes de mortalité en Afrique subsaharienne. Au Burkina Faso, les données récentes montrent une baisse significative du nombre de cas et de décès. Les autorités ont recensé plus de 7,3 millions de cas en 2025 contre plus de 10,8 millions l’année précédente, tandis que la mortalité a reculé de près de 44 pour cent.
La situation évolue différemment en République démocratique du Congo. Le nombre total de cas de paludisme a progressé entre 2023 et 2024, dépassant les 29 millions. Dans le même temps, le nombre de décès a légèrement diminué. Cette dynamique souligne l’ampleur du défi sanitaire dans un pays dont la population dépasse les 100 millions d’habitants et où les infrastructures médicales restent fragiles.
Au Niger, les programmes financés par Washington visent aussi à améliorer la santé maternelle et infantile. Les progrès enregistrés ces dernières décennies montrent toutefois que des avancées restent possibles. La mortalité maternelle, bien qu’encore élevée, a nettement reculé depuis les années 1990 selon les estimations des Nations unies.
A lire également : Diomaye Faye et Dangote scellent un partenariat stratégique à Dakar
Une stratégie américaine qui suscite des débats en Afrique
Ces nouveaux accords s’inscrivent dans la stratégie globale de santé internationale lancée par Washington en 2025. Cette approche privilégie des objectifs mesurables et des indicateurs précis dont dépendra la poursuite du financement. Dix-neuf pays africains ont déjà rejoint ce cadre de coopération bilatérale qui inclut notamment le Nigeria, le Kenya, l’Ouganda ou encore la Côte d’Ivoire.
L’initiative ne fait toutefois pas l’unanimité sur le continent. Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies a récemment exprimé des inquiétudes concernant certains aspects des accords, notamment le partage de données épidémiologiques et d’échantillons biologiques. L’institution redoute que les pays africains fournissent des informations stratégiques sans bénéficier d’un accès équitable aux technologies ou aux traitements développés à partir de ces données.
Cette situation illustre les tensions récurrentes autour des partenariats sanitaires internationaux. Certains États africains privilégient l’accès immédiat aux financements et aux programmes de santé. D’autres défendent une approche plus prudente afin de préserver leur souveraineté scientifique et leurs données stratégiques. Le débat reste donc ouvert sur la manière de concilier coopération internationale et autonomie sanitaire à long terme.




