Le Bénin occupe la 20e place du classement des marchés financiers africains les plus attractifs en 2026, avec un score de 51 points sur 100. Publié le 14 octobre par Absa Group et l’OMFIF, cet indice évalue 29 économies africaines selon leur capacité à attirer les capitaux et à faciliter les investissements.
Quelle est la position du Bénin dans le classement Absa 2026 ?
Le Bénin se situe dans la seconde moitié du classement Absa Africa Financial Markets Index 2026. Avec ses 51 points, il devance neuf pays africains, mais reste éloigné des marchés financiers les plus développés du continent.
Le pays arrive derrière la Côte d’Ivoire et le Zimbabwe, qui occupent respectivement les 18e et 19e places avec 52 points chacun.
En revanche, il devance plusieurs économies africaines, notamment le Malawi, le Cameroun, la République démocratique du Congo et le Sénégal.
Les cinq premiers pays du classement sont :
- L’Afrique du Sud, première avec 85 points ;
- Maurice, deuxième avec 77 points ;
- La Namibie, troisième avec 71 points ;
- L’Ouganda, quatrième avec 68 points ;
- Le Kenya, cinquième avec 65 points.
Le Bénin affiche ainsi un écart de 34 points avec l’Afrique du Sud, qui domine le classement grâce à la profondeur de ses marchés de capitaux et à la diversité de ses produits financiers.
Son score reste également inférieur à la moyenne continentale de 56 points enregistrée dans cette édition.
Cette 20e position ne signifie toutefois pas que le Bénin occupe le même rang pour les investissements étrangers ou la croissance économique. L’indice mesure spécifiquement le développement et l’accessibilité des marchés financiers.
Comment Absa évalue-t-il l’attractivité des marchés financiers ?
Le classement est élaboré par Absa Group et le Forum officiel des institutions monétaires et financières (OMFIF), avec le soutien de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique.
Il s’appuie sur 29 indicateurs regroupés autour de six grands critères :
- La profondeur et la diversité des marchés financiers ;
- L’accès aux devises étrangères ;
- La transparence et la qualité des informations financières ;
- Le développement des fonds de pension ;
- La stabilité de l’environnement macroéconomique ;
- La qualité du cadre juridique, fiscal et réglementaire.
Ces critères permettent notamment d’apprécier les possibilités offertes aux entreprises pour mobiliser des financements et aux investisseurs pour accéder aux différents instruments financiers.
Le rapport 2026 couvre 29 pays représentant environ 80 % de la population et du produit intérieur brut africains.
Il montre une amélioration générale des marchés financiers du continent. Sur les 29 économies évaluées, 21 ont augmenté leur score par rapport à 2025.
Le Cap-Vert affiche la plus forte progression avec sept points supplémentaires, devant le Ghana, qui gagne six points, et la République démocratique du Congo, qui progresse de cinq points.
Cette évolution s’explique notamment par un environnement économique plus favorable, une meilleure disponibilité des réserves de change et des progrès réglementaires.
Quels atouts pour le marché financier béninois ?
L’appartenance du Bénin à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) constitue un élément important de son environnement financier.
Le pays bénéficie notamment de l’accès à la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), commune aux huit États membres de l’Union.
Cette infrastructure permet aux entreprises de mobiliser des capitaux auprès d’investisseurs régionaux, sans dépendre uniquement des prêts bancaires.
La présence d’entreprises béninoises sur ce marché illustre cette possibilité de financement. La Banque internationale pour l’industrie et le commerce (BIIC) a notamment réalisé une opération de mobilisation de capitaux de 100,45 milliards de FCFA en 2025.
Le marché régional des titres publics représente également une source de financement pour l’État béninois, notamment pour ses besoins budgétaires et ses investissements.
Cependant, l’existence de ces mécanismes ne garantit pas automatiquement une forte attractivité. Les volumes de transactions, la liquidité et la diversité des instruments financiers restent déterminants.
Quels défis le Bénin doit-il relever pour progresser ?
La 20e place du Bénin souligne les marges d’amélioration de son environnement financier.
Le développement des marchés de capitaux nécessite notamment davantage d’entreprises capables de lever des fonds, une information financière fiable et une participation plus importante des investisseurs institutionnels.
La liquidité demeure un défi majeur à l’échelle africaine. Malgré les progrès réglementaires, la faiblesse des transactions limite encore la capacité de plusieurs marchés à attirer durablement les capitaux.
Pour le Bénin, l’enjeu consiste donc à faciliter l’accès des entreprises aux financements, à renforcer la transparence et à diversifier les possibilités de placement.
Ces évolutions pourraient soutenir les investissements productifs et réduire certaines contraintes de financement.
Le classement Absa 2026 fournit ainsi un indicateur de référence. Les prochaines éditions permettront de mesurer si les réformes financières du Bénin se traduisent par une amélioration effective de son attractivité.




