Côte d’Ivoire : une mine d’or de 115 tonnes à Boundiali

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La Côte d’Ivoire annonce la découverte d’un important gisement d’or à Boundiali, dans le nord du pays, avec des ressources estimées à 115 tonnes. Présenté au gouvernement le 8 octobre 2026 par le groupe australien Aurum Resources, ce projet minier représente un investissement annoncé d’environ 300 milliards de FCFA, avec une première production prévue en 2028.

Où se trouve le nouveau gisement d’or de Boundiali ?

Le gisement aurifère se situe dans les départements de Boundiali et de Kouto, au nord de la Côte d’Ivoire, à plus de 700 kilomètres d’Abidjan. Cette région appartient à une zone géologique particulièrement favorable à la présence de minerais aurifères.

La découverte a été officiellement présentée au Premier ministre Robert Beugré Mambé, jeudi 8 octobre, lors d’une audience accordée aux responsables d’Aurum Resources Limited.

La délégation était conduite par Caigen Wang, directeur général du groupe australien. L’entreprise a exposé les résultats de ses campagnes d’exploration et les perspectives de développement du projet.

Après environ deux années de travaux, les ressources identifiées sont estimées à 115 tonnes d’or. Ce chiffre correspond à une estimation géologique et non à une quantité d’or déjà extraite.

La distinction est importante : une ressource minérale indique la présence estimée de métal dans le sous-sol, tandis qu’une réserve exploitable répond à des critères techniques et économiques supplémentaires.

Aurum Resources poursuit ses forages afin de préciser le potentiel du site et d’identifier d’éventuelles extensions du gisement.

Quand commencera l’exploitation de la mine de Boundiali ?

Le groupe australien prévoit de lancer la construction de la mine à la fin de l’année 2026, avec un objectif de première production au premier semestre 2028.

Ce calendrier dépend encore de plusieurs étapes, notamment de la finalisation des études techniques, des autorisations minières et de la décision définitive d’investissement.

Selon les données publiées par Aurum Resources, le projet de Boundiali disposait, en mai 2026, de ressources minérales évaluées à 3,22 millions d’onces d’or, soit environ 100 tonnes.

L’étude de préfaisabilité achevée en juin a également identifié des réserves probables de 1,21 million d’onces, équivalant à près de 37,6 tonnes.

Ces estimations reposent sur des catégories géologiques différentes et ne doivent pas être additionnées.

Le scénario technique présenté par l’entreprise prévoit une exploitation à ciel ouvert et une unité de traitement capable de recevoir six millions de tonnes de minerai par an.

Sur les cinq premières années, la production moyenne envisagée atteindrait environ 185 000 onces d’or par an, soit près de 5,8 tonnes.

La durée d’exploitation étudiée est d’environ onze ans, mais elle pourrait évoluer en fonction des nouvelles découvertes et des conditions économiques.

Un investissement de 300 milliards de FCFA et des milliers d’emplois

Le développement du projet représente un investissement global annoncé d’environ 503 millions de dollars, soit près de 300 milliards de FCFA.

Cet engagement potentiel constitue une opération importante pour le secteur minier ivoirien. Il devrait mobiliser des entreprises de construction, des fournisseurs d’équipements et des prestataires spécialisés.

Selon les informations communiquées par les autorités ivoiriennes, la phase de construction pourrait générer environ 4 200 emplois directs et indirects.

Une fois la mine opérationnelle, quelque 2 200 emplois directs et indirects sont envisagés.

Ces chiffres correspondent à des prévisions et non à des recrutements déjà réalisés.

Les retombées économiques dépendront notamment de la place accordée aux travailleurs locaux, des contrats attribués aux entreprises ivoiriennes et des infrastructures construites autour du site.

Le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a également insisté sur la nécessité d’investissements structurants capables de bénéficier aux populations après la fermeture de la mine.

Quel impact sur la production d’or en Côte d’Ivoire ?

Le projet de Boundiali s’inscrit dans l’expansion du secteur aurifère ivoirien, devenu un moteur important des investissements industriels.

La Côte d’Ivoire cherche à renforcer sa production nationale grâce à de nouveaux gisements et à l’extension des exploitations existantes.

D’autres projets, notamment Koné et Doropo, illustrent cette dynamique de développement minier.

L’exploitation future de Boundiali pourrait augmenter les recettes fiscales, soutenir les exportations et favoriser la création d’activités économiques dans le nord du pays.

Ces perspectives s’accompagnent néanmoins de défis environnementaux, notamment la gestion des ressources en eau, des déchets miniers et des terrains utilisés pour l’exploitation.

Pour les autorités, l’enjeu sera de transformer cette richesse géologique en bénéfices durables pour les territoires concernés.

Avec ses 115 tonnes de ressources annoncées et un démarrage envisagé en 2028, Boundiali pourrait devenir l’un des projets aurifères majeurs de Côte d’Ivoire. Sa contribution réelle dépendra toutefois de la confirmation des réserves exploitables et de la concrétisation des investissements annoncés.

Enagnon Wilfried ADJOVI
Enagnon Wilfried ADJOVI
Rédacteur spécialisé dans l'actualité africaine, je produis des décryptages et analyses approfondies sur les enjeux politiques, économiques et technologiques qui redessinent le continent.

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