Sidya Touré, ancien Premier ministre de Guinée et l’une des principales figures de l’opposition, est décédé vendredi 25 septembre 2026 à Paris à l’âge de 81 ans. Le président de l’Union des forces républicaines (UFR) vivait en exil en Côte d’Ivoire depuis plusieurs années.
Sidya Touré décède à Paris à l’âge de 81 ans
Des proches de sa famille ont confirmé sa mort à l’AFP. Sidya Touré avait été hospitalisé pendant environ deux semaines à l’Hôpital américain de Paris après être tombé malade à Abidjan, où il résidait.
Des médias guinéens rapportent qu’il souffrait depuis plusieurs mois avant son transfert en France. Les informations disponibles évoquent un décès des suites d’une maladie, sans préciser publiquement la pathologie dont il souffrait.
Sa disparition a suscité de nombreux hommages en Guinée. L’actuel Premier ministre, Amadou Oury Bah, a salué une personnalité qui a occupé une place importante dans la vie politique du pays pendant trois décennies. « Il s’est distingué avant tout comme un réformateur pragmatique », a-t-il déclaré dans un message repris par l’AFP.
De la Primature à l’opposition guinéenne
Sidya Touré avait été nommé Premier ministre en juillet 1996 par le président Lansana Conté. Il est resté à la tête du gouvernement jusqu’en mars 1999. Son passage à la Primature a notamment été marqué par des réformes administratives et économiques ainsi que par un rapprochement avec les institutions financières internationales.
Après son départ du gouvernement, il a pris la tête de l’UFR en 2000 et s’est progressivement imposé comme l’un des principaux opposants aux pouvoirs successifs. Il a participé aux élections présidentielles de 2010 puis de 2015 sous les couleurs de son parti, sans parvenir à l’emporter.
Son parcours était aussi étroitement lié à la Côte d’Ivoire. Né en 1945 dans ce pays, il y avait exercé plusieurs responsabilités dans l’administration économique et financière. Il avait notamment travaillé auprès d’Alassane Ouattara lorsque celui-ci était Premier ministre ivoirien.
L’UFR dirigée depuis l’exil en Côte d’Ivoire
Sidya Touré avait quitté la Guinée après le coup d’État de septembre 2021 qui porta Mamady Doumbouya au pouvoir. Il s’était ensuite installé à Abidjan, tout en continuant de diriger l’UFR et de participer à la vie politique guinéenne depuis l’étranger.
Cette situation s’était prolongée alors que l’espace politique guinéen connaissait d’importantes transformations. En mars 2026, les autorités ont dissous 40 partis politiques, dont l’UFR. Le gouvernement leur reprochait notamment de ne pas avoir respecté certaines obligations légales, comme le dépôt de documents financiers. Plusieurs formations concernées ont contesté ces accusations.
L’UFR n’a donc pas participé aux élections législatives organisées quelques mois plus tard. Les partis de Cellou Dalein Diallo et de l’ancien président Alpha Condé avaient également été dissous. Les formations favorables au président Doumbouya ont ensuite remporté une large majorité des sièges lors du scrutin.
Une figure de trois décennies de politique guinéenne
La disparition de Sidya Touré clôt une carrière qui a traversé plusieurs périodes majeures de l’histoire politique récente de la Guinée. Premier ministre sous Lansana Conté, opposant sous les régimes suivants puis dirigeant politique en exil, il est resté présent dans le débat public pendant près de trois décennies.
Cellou Dalein Diallo, autre grande figure de l’opposition guinéenne et ancien Premier ministre, lui a rendu hommage après l’annonce de son décès. Il a évoqué un « ami » et un « compagnon de route et de lutte », rappelant les combats politiques menés ensemble.
La mort de Sidya Touré intervient ainsi à un moment où les principales figures historiques de l’opposition guinéenne se trouvent largement en dehors du pays ou privées de leurs anciennes structures partisanes. Les dispositions définitives concernant ses obsèques devaient encore être précisées par sa famille et les autorités guinéennes.




