Dette du Cameroun : 15 607 milliards FCFA à fin juin 2026

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La dette publique du Cameroun a atteint 15 607 milliards de FCFA à fin juin 2026, soit 44,2 % du PIB. Si ce ratio reste sous les plafonds retenus par Yaoundé et la CEMAC, le FMI maintient le pays à un risque global élevé de surendettement.

La dette publique progresse de 191 milliards FCFA en trois mois

Selon les données de la Caisse autonome d’amortissement, l’encours de la dette du secteur public camerounais s’établissait à 15 607 milliards de FCFA au 30 juin 2026. Il atteignait 15 416 milliards trois mois plus tôt.

La hausse ressort donc à 191 milliards de FCFA sur le trimestre. Sur un an, la progression est plus marquée. L’encours atteignait environ 14 409 milliards de FCFA à fin juin 2025.

Pour autant, le poids de la dette dans l’économie n’a pas augmenté entre mars et juin. Le ratio est même passé de 44,3 % à 44,2 % du PIB, notamment grâce à l’évolution du PIB nominal.

Ce niveau reste inférieur au plafond de 50 % du PIB retenu dans la stratégie d’endettement à moyen terme 2026-2028 du Cameroun. Il demeure également loin du seuil communautaire de 70 % fixé dans le cadre de convergence de la CEMAC.

Ces seuils ne suffisent toutefois pas à déterminer si la dette est soutenable. Son coût, ses échéances, la capacité de l’État à mobiliser des recettes et la nature des financements comptent également.

L’État concentre l’essentiel de l’endettement

La dette directe de l’administration centrale représentait 14 659 milliards de FCFA à fin juin, soit 41,5 % du PIB. Elle concentre ainsi l’essentiel de l’endettement public camerounais.

Cette dette se compose majoritairement de financements extérieurs, qui représentent environ 64,5 % de l’encours de l’administration centrale. La dette intérieure en constitue 35,5 %.

Les établissements et entreprises publics portent pour leur part environ 923 milliards de FCFA de dette directe, hors prêts rétrocédés par l’État. L’endettement des collectivités territoriales reste beaucoup plus limité, autour de 25 milliards de FCFA.

À ces montants s’ajoutent des risques qui ne constituent pas encore nécessairement une dette exigible pour l’État. La Caisse autonome d’amortissement chiffre notamment les passifs conditionnels explicites à près de 4 895 milliards de FCFA, essentiellement liés aux partenariats public-privé.

Ils peuvent devenir une charge pour les finances publiques si certaines garanties sont appelées ou si les entités concernées ne parviennent plus à remplir leurs obligations.

Pourquoi le FMI maintient son niveau d’alerte

Le Fonds monétaire international ne considère pas que le Cameroun se trouve actuellement en situation de surendettement. Son analyse classe cependant toujours le pays dans la catégorie de risque global élevé de surendettement.

Cette appréciation tient moins au seul ratio dette/PIB qu’aux tensions qui pèsent sur le financement public. Le FMI relève notamment des besoins de financement élevés, le recours aux emprunts commerciaux extérieurs et les risques associés aux arriérés ou aux engagements extrabudgétaires.

À l’issue d’une mission achevée le 1er octobre 2026, ses services ont de nouveau insisté sur la nécessité de consolider les finances publiques. Ils recommandent notamment une mobilisation accrue des recettes intérieures, davantage de financements concessionnels et une meilleure maîtrise des dépenses.

Le contexte économique ajoute une difficulté. La baisse de la production d’hydrocarbures et les contraintes persistantes sur le réseau électrique pèsent sur les perspectives de croissance en 2026.

Le coût de la dette devient un enjeu central

Pour Yaoundé, le défi consiste désormais à financer ses investissements sans accroître excessivement la pression du service de la dette sur le budget.

Le Cameroun a continué à solliciter les marchés en 2026. Il a notamment mobilisé plusieurs centaines de milliards de FCFA à travers des financements extérieurs, alors que le recours à des emprunts non concessionnels entraîne généralement des coûts supérieurs à ceux des prêts accordés par les bailleurs multilatéraux.

Le débat ne porte donc plus seulement sur le montant de 15 607 milliards de FCFA. Il concerne aussi les conditions auxquelles l’État emprunte et l’utilisation des ressources mobilisées.

La prochaine étape importante viendra du FMI. Son évaluation post-financement du Cameroun doit être examinée par son conseil d’administration en décembre 2026. Elle permettra de préciser son diagnostic sur la trajectoire budgétaire, les besoins de financement et la capacité du pays à assurer durablement le service de sa dette.

Josias ATTADE
Josias ATTADE
Rédacteur spécialisé dans l'actualité africaine, je traite des dimensions politique, économique, culturelle et technologique du continent. À travers mes articles, je mets en lumière les dynamiques qui redessinent l'Afrique d'aujourd'hui et de demain.

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