Le Sahel franchit une nouvelle étape militaire. La Force unifiée de l’AES, qui réunit le Niger, le Mali et le Burkina Faso, vient d’entrer en phase opérationnelle. L’annonce a été faite à Bamako par le président nigérien Abdourahamane Tiani, au cours d’une rencontre avec son homologue malien, Assimi Goïta. Cette mise en route traduit la volonté des trois pays de renforcer leur coopération sécuritaire face aux menaces régionales persistantes.
Un commandement installé à Niamey
Au terme de son entretien avec le chef de l’État malien, Abdourahamane Tiani a confirmé la mise en place effective de l’état-major de la Force unifiée de l’AES. Celui-ci est basé à Niamey, dans l’enceinte de la base aérienne 101, anciennement utilisée par l’opération Barkhane.
La direction opérationnelle est confiée à un officier burkinabè, le colonel Éric Dabiré. Ancien commandant de la 6ᵉ région militaire du Burkina Faso, il a une expérience directe des zones les plus exposées aux attaques terroristes, notamment dans l’Est du pays. Ce choix reflète la volonté d’appuyer la coordination militaire sur un profil aguerri et rompu aux réalités du terrain.
Des unités en cours d’équipement
Si la structure de commandement est désormais fonctionnelle, les armées partenaires concentrent leurs efforts sur l’équipement et la formation des troupes. Le président burkinabè, Ibrahim Traoré, a rappelé que « chaque pays de l’AES commande les équipements », destinés à être mis en commun pour homogénéiser les capacités.
Selon lui, « le premier bataillon burkinabè est prêt », tandis qu’« un second devrait être opérationnel d’ici deux mois ». Ces annonces illustrent la montée en puissance progressive de la force, qui doit atteindre à terme près de 5 000 hommes issus des trois armées nationales.
Une coopération militaire aux enjeux stratégiques
Depuis janvier 2025, date de l’annonce de sa création, la Force unifiée de l’AES a déjà conduit plusieurs opérations conjointes. En multipliant les actions coordonnées, le Niger, le Mali et le Burkina Faso cherchent à compenser l’absence des forces étrangères et à affirmer leur souveraineté militaire.
La mise en route de cette force commune marque un tournant. Elle pourrait renforcer la stabilité régionale mais soulève aussi des défis liés au financement, à l’équipement durable et à l’efficacité face à des groupes armés bien ancrés. Pour l’Alliance, la crédibilité de ce projet dépendra de sa capacité à agir rapidement et à inspirer la confiance des populations locales, premières concernées par la sécurité au quotidien.




