Le financement de la présidentielle camerounaise fait grincer des dents

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À l’approche du scrutin présidentiel du 12 octobre, le débat sur le financement des campagnes s’impose au cœur de l’actualité politique. Chaque candidat à la présidentielle au Cameroun a reçu une première enveloppe publique de 15 millions de francs CFA, soit environ 23 000 euros. Une aide qui se veut équitable mais que plusieurs acteurs jugent insuffisante face aux enjeux d’une campagne nationale.

Des moyens jugés trop limités

Pour de nombreux responsables politiques, cette dotation ne correspond pas à la réalité du terrain. Hilaire Macaire Nzipang, écarté par le Conseil constitutionnel avant de rejoindre la candidate de l’UDC Tomaïno Ndam Njoya, n’a pas caché sa colère : « Nous ne pouvons que constater que cette somme-là est dérisoire ! » Selon lui, la logistique d’une campagne couvre 16 grandes villes, nécessite la mobilisation de représentants dans 31 000 bureaux de vote et doit convaincre près de 8 millions d’électeurs inscrits. Un défi impossible à relever sans recours à des financements privés.

L’asymétrie des financements privés

Si une seconde tranche publique, équivalente à 15 millions de francs CFA supplémentaires, est prévue pour les candidats franchissant le seuil de 5 % des suffrages, l’essentiel du déséquilibre se situe ailleurs. Le politologue Njoya Moussa alerte sur l’ampleur des contributions privées, qui échappent à tout contrôle. « L’asymétrie totale, entre d’une part le parti au pouvoir, le RDPC, et d’autre part les partis d’opposition, se fait au niveau des financements privés », souligne-t-il. Des élus, hauts fonctionnaires et hommes d’affaires injecteraient des montants allant de 20 millions à plus de 200 millions de francs CFA au profit du parti présidentiel, soulevant des interrogations sur la traçabilité et l’équité du processus.

La polémique sur le financement de la présidentielle au Cameroun met en lumière un enjeu plus large, celui de l’équité électorale. Les appels se multiplient pour instaurer un plafonnement des contributions privées et des dépenses de campagne, afin de limiter l’écart entre les candidats. Si certains voient dans ce débat un signe d’une demande accrue de transparence, d’autres redoutent que ces déséquilibres compromettent la confiance des électeurs dans le processus démocratique. À l’approche du scrutin, la question du financement apparaît donc comme l’un des baromètres de la crédibilité électorale du pays.

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