Le récit d’un étudiant équato-guinéen revenu de Russie met en lumière un phénomène qui préoccupe de plus en plus plusieurs pays africains : le recrutement de jeunes ressortissants pour participer au conflit en Ukraine. Derrière les promesses d’emploi, de formation ou d’une nouvelle vie à l’étranger, certains candidats affirment avoir été envoyés au front après une préparation bien plus courte qu’annoncée.
Des promesses qui débouchent sur le champ de bataille
Âgé de 22 ans, Daniel Angel Masie Nchama, étudiant en informatique originaire de Guinée équatoriale, affirme avoir signé un contrat rédigé exclusivement en russe, sans en comprendre le contenu. Selon son témoignage, les recrues se sont vu confisquer leurs passeports peu après leur arrivée et ont suivi seulement deux semaines d’entraînement, alors qu’une formation de plusieurs mois leur avait été annoncée.
Le jeune homme raconte avoir découvert sa véritable affectation lorsqu’il s’est retrouvé transporté vers une zone de combat en Ukraine. Il affirme que deux membres de son groupe ont été tués dès les premières attaques subies par leur convoi.
Son histoire intervient alors que le collectif All Eyes on Wagner indique avoir recensé 1 417 Africains recrutés par Moscou entre janvier 2023 et septembre 2025. Selon cette organisation, plus de 300 d’entre eux auraient perdu la vie durant le conflit.
Un défi pour les autorités africaines
L’affaire a rapidement pris une dimension diplomatique après que la famille du jeune homme a alerté les autorités de Guinée équatoriale. Le gouvernement a annoncé entreprendre des démarches afin d’obtenir son retour, lequel a finalement pu quitter la Russie après plusieurs semaines supplémentaires passées sous commandement militaire.
Selon son récit, les autorités militaires russes lui auraient proposé de poursuivre sa carrière au sein de l’armée en échange d’avantages matériels et de la perspective d’obtenir la nationalité russe. Il affirme avoir refusé cette proposition avant de profiter d’une permission pour rejoindre l’ambassade de Guinée équatoriale, qui aurait facilité son rapatriement.
Le témoignage de Daniel Angel Masie Nchama alimente désormais les appels à la vigilance. Son père invite les jeunes souhaitant partir travailler à l’étranger à vérifier soigneusement les offres qui leur sont proposées et à se méfier des promesses insuffisamment documentées. Cette affaire souligne également les difficultés auxquelles sont confrontés plusieurs États africains pour protéger leurs ressortissants lorsqu’ils se retrouvent engagés dans des conflits armés à l’étranger.




