Un camion transportant des passagers et des marchandises a terminé sa course dans une rivière dans la nuit du 15 au 16 septembre, dans le Haut-Katanga, en RDC. Les autorités provinciales font état d’au moins 33 morts, tandis que des témoins cités par RFI avancent un bilan plus lourd de 41 victimes.
À Mitwaba, le bilan officiel atteint au moins 33 morts
L’accident s’est produit à Mukana, dans le territoire de Mitwaba, dans le sud-est de la République démocratique du Congo. Le véhicule, un camion de marque Howo, transportait simultanément des marchandises et des voyageurs lorsqu’il a quitté la route avant de finir dans une rivière.
Georges Babunyi Mbau, ministre provincial des Transports du Haut-Katanga, a annoncé un bilan provisoire de 33 morts et d’une vingtaine de blessés. Des témoins interrogés sur place évoquent toutefois 41 personnes décédées. Cette différence impose de conserver le chiffre officiel comme bilan de référence, en attendant une éventuelle actualisation par les autorités.
Les informations divergent également sur le point de départ exact du camion. Le ministre provincial indique qu’il venait de Malemba-Nkulu, dans le Haut-Lomami. RFI rapporte pour sa part qu’il provenait de Mulongo, également dans cette province. Le drame s’est produit dans une zone relativement éloignée des grands centres urbains.
Une défaillance des freins évoquée après l’accident
Les circonstances exactes doivent encore être établies. Selon des témoignages rapportés par RFI, les freins du camion auraient lâché avant que le véhicule ne se renverse dans la rivière Mukana. Le camion a été relevé mercredi 16 septembre.
Cette défaillance mécanique n’a cependant pas encore fait l’objet d’une confirmation officielle. Georges Babunyi Mbau met plutôt en cause les pratiques de certains transporteurs, notamment l’utilisation de camions de marchandises pour transporter des voyageurs et la surcharge des véhicules.
« Il s’agit d’un camion surchargé et qui a pris des personnes », a déclaré le ministre à RFI. Il affirme que les autorités avaient déjà interdit cette pratique. La question dépasse donc la seule cause immédiate de l’accident : elle concerne aussi l’application effective des règles de sécurité routière.
Une vingtaine de blessés et des corps enterrés sur place
La prise en charge des victimes s’est organisée rapidement après le drame. Une vingtaine de personnes ont été blessées, selon les autorités provinciales. Les cas les plus graves devaient être évacués vers des structures disposant de moyens médicaux adaptés.
La situation a également obligé les services de l’État à procéder à des inhumations à Mukana. Certains corps commençaient à se décomposer, selon le ministre des Transports. « Les services de l’État ont déjà commencé à enterrer », a-t-il expliqué.
Le bilan demeure provisoire. L’écart entre les 33 décès annoncés officiellement et les 41 rapportés par des témoins pourrait notamment s’expliquer par le temps nécessaire pour identifier et comptabiliser l’ensemble des victimes.
Le transport de passagers dans des camions à nouveau en cause
L’accident de Mitwaba n’est pas un cas isolé dans cette partie de la RDC. RFI rappelle qu’environ un mois plus tôt, un camion transportant à la fois des marchandises et des passagers avait fait une vingtaine de morts dans la province voisine du Lualaba.
Le territoire de Mitwaba avait déjà connu un drame comparable en octobre 2021. Un camion avec plus de 50 personnes à bord avait terminé sa course dans la rivière Kalume Ngongo. Le gouvernement provincial avait alors annoncé une cinquantaine de morts et seulement deux survivants.
Pour Hubert Tshiswaka, directeur de l’Institut des droits humains cité par RFI, la répétition de ces catastrophes traduit notamment des difficultés à faire respecter la réglementation. Il souligne que les accidents touchent aussi les transports ferroviaires et fluviaux.
Le drame de Mukana remet ainsi au premier plan deux problèmes étroitement liés : l’état et l’entretien des véhicules, mais aussi le recours à des camions de marchandises pour déplacer des voyageurs. L’enquête devra désormais déterminer précisément l’origine de l’accident et établir d’éventuelles responsabilités.




