Libye : Saddam Haftar nommé pour remplacer son père dans ses fonctions militaires

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À 35 ans, Saddam Haftar franchit une nouvelle étape dans son ascension au sommet du pouvoir militaire de l’est libyen. Le fils cadet du maréchal Khalifa Haftar a été nommé le 27 août « commandant général chargé de l’Armée nationale libyenne ». Cette promotion lui permet désormais de remplacer son père dans l’ensemble de ses fonctions et renforce un scénario de succession préparé depuis plusieurs années.

Saddam Haftar prend progressivement la place de son père

Avant cette nomination, Saddam Haftar occupait déjà le poste de commandant général adjoint auprès de Khalifa Haftar. Il était donc le numéro deux de l’Armée nationale libyenne, principale force militaire basée dans l’est du pays.

Son nouveau statut élargit son rôle. Saddam Haftar peut désormais représenter directement le commandement militaire dans les principales affaires politiques et diplomatiques.

Cette évolution est déjà visible à Benghazi. Cette semaine, c’est lui qui a reçu plusieurs responsables étrangers venus dans l’est libyen. Parmi eux figuraient Hana Tetteh, envoyée spéciale du secrétaire général des Nations unies pour la Libye, ainsi que le ministre d’État qatari chargé des Affaires étrangères.

Ces rencontres montrent que son ascension ne se limite plus à la hiérarchie militaire. Saddam Haftar devient progressivement un interlocuteur diplomatique pour les acteurs internationaux qui cherchent à discuter avec le camp de l’Est.

Né en 1991, il a intégré l’appareil militaire construit par son père et a notamment dirigé la brigade Tariq bin Ziyad, accusée d’exactions. Son parcours s’est ensuite accéléré. En 2025, il a été promu numéro deux de l’ANL. Un an plus tard, sa nouvelle fonction le place encore plus près du sommet.

Cette progression dessine une transmission du pouvoir au sein de la famille Haftar. Khalifa Haftar conserve son influence, mais son fils dispose désormais d’une position lui permettant d’assumer ses tâches lorsque cela est nécessaire.

Une succession préparée dans une Libye transformée

Saddam Haftar n’hérite pas du même environnement politique que celui dans lequel son père a construit sa puissance.

En 2019, Khalifa Haftar avait tenté de prendre Tripoli par la force. La situation a depuis changé. La Libye n’est plus engagée dans une guerre comparable à cette période et les relations entre les différents acteurs internationaux ont évolué.

La Turquie ne considère plus le camp de l’Est comme un adversaire militaire. Les États-Unis cherchent désormais davantage une formule permettant un partage du pouvoir et une unification des institutions libyennes plutôt qu’une politique reposant uniquement sur la pression exercée contre les factions rivales.

Cette évolution offre à Saddam Haftar un terrain différent. Son rôle dépend moins d’une conquête militaire de Tripoli que de sa capacité à devenir un interlocuteur accepté dans les discussions sur l’avenir politique du pays.

Des informations évoquées autour des projets américains donnent une idée de cette évolution. L’envoyé spécial du président américain pour l’Afrique, Masaad Boulos, aurait envisagé une nouvelle structure dans laquelle Saddam Haftar occuperait la présidence, tandis qu’Abdelhamid Dbeibah resterait à la tête du gouvernement.

Il ne s’agit pas d’une organisation politique déjà mise en place. Cette hypothèse montre néanmoins la place désormais accordée au fils Haftar dans certaines discussions autour d’une nouvelle répartition du pouvoir.

Saddam Haftar est aussi devenu l’un des principaux interlocuteurs de l’Est auprès des puissances occidentales et des pays de la région. Sa nomination militaire consolide donc une influence qui dépassait déjà les casernes.

L’héritage familial reste son principal défi politique

L’ascension rapide de Saddam Haftar lui donne aujourd’hui une position centrale dans l’Est libyen. Elle révèle aussi sa principale faiblesse politique.

Son pouvoir provient directement de l’institution militaire construite par son père et non d’une élection. Son parcours peut donc renforcer son poids auprès des forces armées et des partenaires étrangers sans lui donner automatiquement une légitimité politique auprès de l’ensemble des Libyens.

Sa nomination du 27 août constitue ainsi bien davantage qu’une promotion militaire. Elle prépare la continuité du système construit autour de Khalifa Haftar tout en adaptant sa direction à une Libye où les rapports de force évoluent.

Saddam Haftar dispose désormais du rang nécessaire pour remplacer son père dans ses fonctions et multiplie les contacts diplomatiques. La succession militaire semble donc prendre forme. Le défi sera de transformer cet héritage familial en pouvoir politique dans un pays où l’unification institutionnelle reste au centre des discussions.

Roseline GOUNDJO
Roseline GOUNDJO
Je suis Roseline Goundjo, journaliste rédactrice et je trouve plaisir dans la politique, la culture, la musique, la lecture et les voyages. Partie des appréciations des internautes sur mes différents écrits sur des sujets relatifs à la société, le People et les relations internationales, j'ai pris l'engagement de toujours les satisfaire.

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