Afrique du Sud : Washington restreint les visas sur fond d’accusations de discrimination raciale

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Washington a annoncé de nouvelles restrictions de visa contre certains ressortissants sud-africains que l’administration Trump accuse de participer à des politiques de discrimination raciale ou d’expropriation sans compensation. La mesure marque une nouvelle escalade diplomatique entre les États-Unis et l’Afrique du Sud, mais aucun responsable visé n’a encore été publiquement identifié.

Washington cible les responsables de certaines politiques sud-africaines

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a annoncé la nouvelle politique le 15 septembre 2026. Elle vise les ressortissants étrangers jugés « responsables ou complices » de l’adoption ou de l’application de lois ou politiques permettant, selon Washington, des saisies de terres sans compensation, des discriminations fondées sur la race ou l’incitation à une violence imminente contre des minorités ethniques ou raciales en Afrique du Sud.

La mesure repose sur la section 212(a)(3)(C) de l’Immigration and Nationality Act. Cette disposition permet au secrétaire d’État de déclarer une personne inadmissible aux États-Unis lorsque son entrée pourrait avoir des conséquences graves pour la politique étrangère américaine. Certains membres de la famille des personnes concernées peuvent également être visés.

Le dispositif n’équivaut donc pas à une restriction générale imposée aux voyageurs sud-africains. Surtout, Washington n’a publié aucune liste de personnalités sanctionnées lors de l’annonce. Il est ainsi plus précis de parler de ressortissants susceptibles d’être ciblés que d’affirmer que des responsables nommément identifiés ont déjà perdu leur visa.

Les Afrikaners au centre du conflit entre Pretoria et Washington

L’administration Trump accuse depuis plusieurs mois le gouvernement sud-africain de mener des politiques défavorables aux Afrikaners, descendants principalement de colons européens. Marco Rubio affirme notamment que Pretoria n’a pas suffisamment répondu aux préoccupations américaines concernant la criminalité rurale, la législation raciale et la réforme foncière.

« Nous ne laisserons pas de tels comportements rester sans réponse », a déclaré le secrétaire d’État dans son communiqué. Washington estime que les mesures dénoncées menacent « la paix, la stabilité économique et l’État de droit ». Ces affirmations reflètent toutefois la position de l’administration américaine et restent vivement contestées par Pretoria.

Le gouvernement sud-africain rejette en particulier l’idée d’une persécution institutionnelle de la population blanche. Il présente ses politiques de transformation économique et de redistribution foncière comme des mécanismes destinés à réduire les inégalités héritées de l’apartheid. La Constitution sud-africaine interdit par ailleurs les discriminations injustes fondées notamment sur la race ou l’origine ethnique.

La réforme foncière cristallise les désaccords

La question des terres occupe une place centrale dans la confrontation. L’Afrique du Sud reste marquée par les profondes disparités foncières issues de la colonisation puis de l’apartheid. Pretoria considère la redistribution comme l’un des instruments nécessaires pour corriger ces déséquilibres historiques.

Washington adopte une lecture très différente. Donald Trump a régulièrement affirmé que les Afrikaners subissaient des discriminations et a fait de leur situation un sujet de politique étrangère. Son administration a notamment réduit l’aide américaine à l’Afrique du Sud et ouvert un programme permettant à des Sud-Africains blancs d’obtenir le statut de réfugié aux États-Unis.

Les tensions dépassent cependant la seule question raciale. Les deux gouvernements s’opposent également sur plusieurs dossiers internationaux. Pretoria a notamment engagé devant la Cour internationale de Justice une procédure accusant Israël, allié majeur de Washington, de violations de la Convention sur le génocide dans la bande de Gaza.

Une nouvelle étape dans la dégradation des relations bilatérales

La politique de visas accentue donc une crise diplomatique déjà profonde. L’administration Trump avait auparavant suspendu certaines aides à Pretoria et expulsé l’ambassadeur sud-africain aux États-Unis. La question des Afrikaners est progressivement devenue l’un des principaux symboles de cette détérioration.

Pour Pretoria, l’enjeu dépasse les sanctions individuelles. Le président Cyril Ramaphosa a défendu à plusieurs reprises la souveraineté de son pays et rejeté ce qu’il considère comme une représentation trompeuse des politiques sud-africaines et de la situation de la population blanche.

La prochaine étape sera surtout de déterminer comment Washington appliquera concrètement son nouveau dispositif. Les autorités américaines n’ont pour l’instant donné ni le nombre de personnes susceptibles d’être concernées ni leur identité. La publication éventuelle de noms ou l’élargissement des restrictions permettra de mesurer la portée réelle de cette nouvelle pression exercée sur Pretoria.

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