Niger : l’appui américain de 414 millions $ à la mine d’uranium Dasa se précise

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Washington vient de franchir une étape majeure dans le financement de la mine d’uranium Dasa au Niger. La banque américaine de développement DFC a approuvé une facilité pouvant atteindre 414,2 millions de dollars, mais plusieurs conditions doivent encore être remplies avant tout décaissement.

La DFC approuve jusqu’à 414,2 millions de dollars pour Dasa

Le conseil d’administration de l’U.S. International Development Finance Corporation (DFC) a donné son feu vert le 16 septembre au financement du projet Dasa, développé par le canadien Global Atomic. L’enveloppe comprend un prêt à terme pouvant atteindre 397,4 millions de dollars et une facilité supplémentaire de 16,8 millions destinée à couvrir d’éventuels dépassements de coûts.

L’annonce constitue une avancée décisive, mais les 414,2 millions de dollars ne correspondent pas à une somme déjà versée. Global Atomic précise que la signature définitive et les décaissements restent soumis à plusieurs conditions. Son PDG, Stephen Roman, parle d’une « étape importante » pour l’entreprise et le projet.

La société a par ailleurs revu à la hausse le coût total de Dasa. Celui-ci est désormais estimé à 777,2 millions de dollars, financement et provisions pour imprévus compris. Au 30 juin 2026, Global Atomic indiquait avoir déjà investi 228,5 millions de dollars et devoir encore apporter 152,7 millions de fonds propres avant de pouvoir tirer sur le principal prêt de la DFC.

Plusieurs conditions restent à remplir avant le décaissement

Le principal obstacle concerne l’exportation du yellowcake, le concentré d’uranium produit après traitement du minerai. Global Atomic doit démontrer qu’elle dispose d’un corridor logistique viable pour évacuer sa future production. L’ancienne route passant par le Bénin et le port de Cotonou reste affectée par les tensions entre Niamey et Porto-Novo. L’entreprise étudie notamment d’autres itinéraires.

La DFC exige également une prolongation satisfaisante de la convention minière et du permis d’exploitation afin que leur durée corresponde à celle du financement. Des garanties doivent aussi être obtenues sur les autorisations permettant le remboursement du prêt depuis le Niger, tandis qu’un accord direct entre la société, la DFC et l’État nigérien reste à négocier.

Dasa se situe dans la région d’Agadez, à environ 105 kilomètres au sud d’Arlit. La Société minière de Dasa, SOMIDA, est détenue à 80 % par Global Atomic et à 20 % par l’État nigérien. Les travaux souterrains ont commencé en 2022 et ont déjà atteint la zone minéralisée.

Une production commerciale désormais attendue en 2028

Global Atomic vise désormais le début de la production commerciale au second semestre 2028. Selon l’étude de faisabilité révisée en 2026, Dasa pourrait produire 68,1 millions de livres d’U3O8 sur environ 23 ans. Ces projections restent celles de l’entreprise et dépendront du financement, de la construction des installations et du maintien des autorisations nécessaires.

L’entreprise affirme avoir conclu des contrats portant sur 8,8 millions de livres d’uranium au cours des sept premières années d’exploitation. Environ 90 % de ces volumes seraient destinés à des compagnies d’électricité américaines, ce qui renforce directement l’intérêt stratégique de Washington pour le projet.

Washington revient au Niger par l’uranium

Le financement de Dasa dépasse ainsi le seul cadre minier. Il intervient deux ans après le retrait des forces américaines du Niger, décidé après la prise de pouvoir militaire de juillet 2023 et la dégradation des relations entre Niamey et Washington. Reuters décrit le soutien à Dasa comme l’un des signes les plus concrets d’un réchauffement économique entre les deux pays.

L’uranium a par ailleurs intégré en 2025 la liste américaine des minerais critiques. Washington cherche à sécuriser ses approvisionnements alors que les États-Unis veulent développer leur parc nucléaire et réduire leur dépendance à certaines chaînes d’approvisionnement étrangères.

Pour le Niger, Dasa pourrait aussi rebattre les cartes d’un secteur historiquement dominé par le français Orano, aujourd’hui engagé dans un bras de fer avec les autorités nigériennes. L’approbation américaine constitue donc un signal financier et géopolitique fort. Elle ne garantit toutefois pas encore l’arrivée effective des 414,2 millions de dollars : la logistique d’exportation, les accords avec Niamey et les dernières exigences de financement restent déterminants.

Josias ATTADE
Josias ATTADE
Rédacteur spécialisé dans l'actualité africaine, je traite des dimensions politique, économique, culturelle et technologique du continent. À travers mes articles, je mets en lumière les dynamiques qui redessinent l'Afrique d'aujourd'hui et de demain.

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