Mali : Sévaré et un poste près de Bamako visés par des jihadistes

Date:

Le Mali a connu deux nouvelles attaques en moins de 24 heures, avec un poste de contrôle visé près de Bamako puis des drones kamikazes lancés contre une installation militaire à Sévaré. Cette séquence intervient après plusieurs offensives meurtrières dans le centre du pays et à deux jours de la fête nationale du 22 septembre.

Un poste de contrôle attaqué aux portes de Bamako

Dans la nuit du vendredi 18 au samedi 19 septembre, des hommes armés ont attaqué le poste de contrôle de Kasséla, à la périphérie de Bamako. Selon un rapport des forces de sécurité cité par RFI, les assaillants sont arrivés à pied, munis d’armes et de moyens de communication, avant de surprendre les militaires déployés sur place.

Des échanges de tirs ont suivi. Les assaillants ont ensuite quitté les lieux avec des armes et des munitions. Deux militaires, un temps portés disparus, ont finalement été retrouvés sains et saufs samedi. Aucun bilan humain consolidé n’avait été officiellement communiqué concernant l’ensemble de l’attaque.

L’opération est notable par sa proximité avec Bamako. Les groupes jihadistes ont déjà montré leur capacité à frapper autour de la capitale et de Kati, principal centre militaire situé à proximité, ce qui pousse les forces de sécurité à renforcer la surveillance des principaux axes.

Des drones kamikazes frappent une installation stratégique à Sévaré

Quelques heures plus tard, Sévaré, à environ 600 kilomètres au nord-est de Bamako, a été visée à son tour. Des drones kamikazes ont notamment ciblé un hangar abritant des drones utilisés par l’armée malienne, selon les informations rapportées samedi soir. Aucun bilan précis des dégâts matériels ou humains n’était encore disponible.

Le secteur aéroportuaire a été bouclé. Des forces spéciales maliennes étaient visibles sur place et les policiers travaillant à l’aéroport ont reçu pour instruction de rester chez eux jusqu’au lundi 21 septembre, selon la même source.

Sévaré constitue un point militaire majeur dans le centre du Mali. La zone accueille notamment des moyens aériens de l’armée. Elle avait déjà été attaquée le 14 septembre, lorsque des drones kamikazes avaient visé le secteur où sont stationnés des hélicoptères russes ainsi que des drones armés turcs TB2 et Akinci. Au moins un drone aurait alors été détruit, selon une source locale citée par Le Monde.

Une série d’offensives après le choc de Dioura

Ces attaques surviennent après l’assaut particulièrement meurtrier contre le camp militaire de Dioura, dans la région de Mopti, le 10 septembre. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou JNIM), affilié à Al-Qaïda, a revendiqué l’opération et affirmé avoir tué 150 militaires et capturé 93 soldats. Ces chiffres n’ont pas pu être vérifiés indépendamment.

Des sources sécuritaires et locales citées par l’AFP ont fait état d’au moins 50 militaires maliens et cinq membres russes de l’Africa Corps tués, certains témoignages avançant des bilans supérieurs. L’armée malienne a reconnu des pertes sans communiquer de chiffre précis et a annoncé des opérations aériennes et terrestres contre les assaillants.

Les attaques de Dioura, Konna puis Sévaré illustrent ainsi une reprise des opérations d’envergure dans le centre du Mali après une période de moindre activité liée notamment à la saison des pluies.

La fête de l’indépendance sous haute surveillance

Le calendrier ajoute une dimension particulière à cette séquence. Le Mali doit célébrer son indépendance mardi 22 septembre. Une source militaire citée par RFI estime que les groupes jihadistes cherchent à perturber ces célébrations, tandis que d’autres observateurs y voient une stratégie plus large destinée à multiplier les attaques contre des sites militaires sensibles et les accès à la capitale.

L’armée poursuit parallèlement ses propres opérations. L’état-major a annoncé avoir frappé les 17 et 18 septembre plusieurs positions attribuées à des groupes armés au sud-est de Djenné, au nord-ouest de Sévaré et dans la zone de Ber.

La succession des attaques montre surtout que la pression reste élevée sur les forces maliennes et leurs partenaires russes. Les prochains jours permettront de déterminer si ces opérations constituent une poussée ponctuelle autour de la fête nationale ou le début d’une nouvelle phase offensive plus durable.

Partager sur:

Newsletter

Les plus récents

Articles similaires
connexes

Migrants expulsés vers l’Afrique : les accords secrets de Trump

Les migrants expulsés vers l’Afrique sont devenus un élément...

Tourisme d’affaires : Cotonou défie Abidjan et Dakar

Le tourisme d’affaires devient un nouveau terrain de concurrence...

Macky Sall à l’ONU : sa candidature recule au troisième vote

La candidature de Macky Sall au poste de secrétaire...

Migrants expulsés vers l’Afrique : la mécanique Trump

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche,...