Falémé : un site d’orpaillage clandestin démantelé

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L’armée sénégalaise a démantelé le 3 octobre 2026 un site d’orpaillage clandestin près de Sounkounkou, dans le secteur de la Falémé. Les militaires ont notamment saisi une dizaine de motopompes et plusieurs motos dans cette zone où les activités minières font l’objet de restrictions renforcées.

Une opération militaire près de Sounkounkou

L’intervention a été menée par une unité du 34e bataillon dans le cadre des opérations de sécurisation de la Falémé. La Direction de l’information et des relations publiques des Armées a annoncé le démantèlement du site après l’opération.

Le bilan matériel comprend une dizaine de motopompes, plusieurs motos et différents équipements utilisés pour l’orpaillage. Les autorités militaires n’ont pas communiqué de bilan concernant d’éventuelles interpellations.

Sounkounkou se trouve dans une zone placée sous la responsabilité de la Zone militaire n°4, qui couvre notamment les régions de Tambacounda et de Kédougou. Les forces armées y travaillent avec d’autres forces de défense et de sécurité pour lutter contre l’exploitation minière illégale et renforcer la surveillance des frontières.

La Falémé constitue en effet un espace particulièrement sensible. Cette rivière forme sur une partie de son parcours une frontière naturelle entre le Sénégal et le Mali.

L’orpaillage clandestin sous pression dans la Falémé

L’opération de Sounkounkou ne constitue pas une action isolée. Depuis plusieurs mois, les forces sénégalaises multiplient les démantèlements de sites clandestins dans le sud-est du pays.

En janvier 2026, un autre site avait été neutralisé à Baninkhoto, dans le département de Saraya. Dix-sept machines utilisées pour le traitement du minerai avaient alors été détruites. Onze motopompes et une motocyclette avaient également été saisies.

En juin, la police des frontières avait détruit six dragues utilisées illégalement le long de la Falémé. Des opérations comparables ont aussi entraîné des saisies de motos, de pompes et d’autres équipements destinés à l’extraction artisanale.

Ces interventions montrent que la lutte contre l’orpaillage clandestin repose désormais sur une présence régulière des forces de sécurité dans les principales zones aurifères. Elle répond à la fois à des enjeux environnementaux, économiques et sécuritaires.

Des activités minières suspendues près des berges

Le gouvernement sénégalais a renforcé en 2024 les restrictions applicables aux activités minières autour de la Falémé. Les autorités ont notamment suspendu les opérations minières dans une bande de 500 mètres à partir de la rive gauche.

Cette mesure doit rester en vigueur jusqu’en 2027. Les communications officielles du gouvernement fixent l’échéance au 30 juin 2027.

L’objectif affiché est de protéger l’environnement, la santé des populations et la sécurité de cette zone frontalière. La réglementation vise également à améliorer le contrôle des exploitations situées à proximité du cours d’eau.

La décision intervient dans un contexte marqué par les inquiétudes liées à la dégradation de la Falémé. L’exploitation aurifère artisanale et clandestine peut provoquer d’importants bouleversements des sols et accroître la pression sur les ressources en eau.

Les autorités cherchent donc à distinguer davantage l’exploitation minière encadrée des activités menées en dehors des zones et procédures autorisées.

Un enjeu économique autant qu’environnemental

Le Sénégal dispose d’importantes ressources aurifères dans sa partie sud-est. Kédougou constitue l’un des principaux pôles miniers du pays, avec une exploitation industrielle de l’or mais aussi une forte activité artisanale.

Cette dernière représente une source de revenus pour de nombreuses personnes. Elle pose toutefois des difficultés lorsqu’elle échappe aux règles environnementales, fiscales et sécuritaires.

Le gouvernement ambitionne parallèlement de mieux organiser le secteur. Dans sa stratégie de développement minier, l’État veut notamment améliorer la traçabilité de l’or, formaliser davantage les acteurs de l’orpaillage et renforcer les mécanismes de réhabilitation des sites.

Le démantèlement effectué près de Sounkounkou illustre cette politique de contrôle renforcé. Les opérations devraient se poursuivre le long de la Falémé, alors que les autorités cherchent simultanément à sécuriser la frontière et à faire respecter les restrictions minières.

L’enjeu sera désormais de mesurer l’efficacité de ces interventions dans la durée. La répétition des démantèlements montre en effet que, malgré les interdictions et les saisies de matériel, l’orpaillage clandestin demeure actif dans cette partie du Sénégal.

Luc GNANHOUI
Luc GNANHOUI
Spécialiste de l’actualité africaine, je produis des analyses stratégiques et des décryptages approfondis sur les transformations politiques, économiques et technologiques qui redéfinissent les équilibres du continent.

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