La Côte d’Ivoire mobilise 3,5 milliards de FCFA pour relancer ses exportations de mangues vers l’Union européenne, suspendues depuis le 1er août 2026 en raison de contaminations par la mouche des fruits. Le gouvernement veut assainir la filière et retrouver le marché européen dès la campagne agricole 2027.
Pourquoi l’Union européenne bloque-t-elle les mangues ivoiriennes ?
Depuis le 1er août 2026, les mangues fraîches ivoiriennes ne peuvent plus accéder au marché européen. Cette suspension fait suite à plusieurs interceptions de cargaisons non conformes aux exigences phytosanitaires de l’Union européenne.
La présence de mouches des fruits dans les lots exportés constitue la principale cause de cette restriction. Ces insectes représentent une menace pour les cultures fruitières, car leurs larves se développent à l’intérieur des fruits et peuvent provoquer des pertes importantes.
Les autorités européennes imposent donc des contrôles stricts pour empêcher l’introduction et la propagation de ces organismes nuisibles sur leur territoire.
Pour la Côte d’Ivoire, cette suspension représente un problème commercial majeur. Le pays produit environ 180 000 tonnes de mangues chaque année, dont 35 000 tonnes destinées au marché européen.
L’Union européenne absorbe ainsi plus de 80 % des volumes de mangues exportés par le pays. Les ventes à l’étranger génèrent également plus de 7 milliards de FCFA de revenus pour les producteurs par campagne.
La restriction menace donc les débouchés commerciaux d’une filière qui fait vivre près de 100 000 personnes, selon les chiffres du ministère ivoirien de l’Agriculture.
Un plan de 3,5 milliards FCFA contre la mouche des fruits
Face à cette situation, le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, a présenté un plan de redressement le 15 octobre 2026, lors d’une conférence de presse à Abidjan.
Le gouvernement prévoit de consacrer 3,5 milliards de FCFA à la lutte contre la mouche des fruits sur l’ensemble des zones de production.
Plusieurs mesures ont été annoncées :
- Le traitement phytosanitaire de 20 000 hectares de vergers ;
- Le déploiement de plus de trois millions de pièges contre les mouches des fruits ;
- Une intervention dans les neuf régions productrices de mangues ;
- Le renforcement des contrôles sanitaires avant chaque expédition ;
- L’amélioration de la traçabilité des fruits destinés à l’exportation.
Les autorités souhaitent installer les pièges avant la prochaine floraison afin de réduire les populations d’insectes et de limiter les risques de contamination.
Ce dispositif doit permettre aux producteurs de mieux respecter les normes sanitaires européennes et de réduire les interceptions de cargaisons.
Son efficacité dépendra toutefois de son application dans les vergers et de la capacité des opérateurs à maintenir les contrôles pendant toute la campagne.
Quinze exportateurs exclus de la campagne 2027
Le gouvernement ivoirien a également décidé de renforcer la sélection des entreprises autorisées à exporter des mangues.
Pour la campagne 2027, quinze exportateurs et neuf stations de conditionnement ont été écartés du dispositif. À l’inverse, 33 exportateurs et 34 stations ont été retenus.
Cette sélection vise à améliorer la qualité des expéditions et à responsabiliser les opérateurs de la filière.
Les exportations par voie aérienne sont également suspendues dans le cadre des nouvelles dispositions.
Parallèlement, une Cellule nationale de suivi et de sécurisation des exportations de mangues a été créée. Elle devra contribuer à la surveillance des opérations et au respect des exigences sanitaires.
La filière mangue intègre aussi le dispositif de régulation du Conseil Coton-Anacarde-Karité.
Ces décisions traduisent la volonté des autorités de mieux encadrer les activités, depuis les plantations jusqu’aux stations de conditionnement.
Quand les exportations de mangues reprendront-elles vers l’Europe ?
La Côte d’Ivoire espère reprendre ses exportations de mangues fraîches vers l’Union européenne pendant la campagne 2027, attendue entre mars et avril.
Cette échéance constitue toutefois un objectif gouvernemental, et non une date officielle de levée de la suspension.
Pour obtenir le retour de ses produits sur le marché européen, Abidjan prévoit de soumettre à la Commission européenne une approche phytosanitaire révisée, accompagnée d’un audit indépendant.
Les autorités européennes devront examiner les garanties présentées avant de décider d’une éventuelle reprise des importations.
L’enjeu est particulièrement important pour les producteurs du nord ivoirien, où la mangue constitue une activité économique majeure.
Sans réouverture du marché européen, les opérateurs pourraient continuer à subir des difficultés d’écoulement de leur production.
La prochaine campagne sera donc décisive pour mesurer l’efficacité des mesures annoncées et déterminer si la mangue ivoirienne peut retrouver son principal débouché international.




