La République démocratique du Congo (RDC) et les États-Unis ont engagé une nouvelle phase de coopération autour du projet hydroélectrique Inga 3. Réunis le lundi 26 octobre 2026 à Paris, les représentants des deux pays ont lancé un mécanisme de coordination destiné à accélérer sa préparation technique et financière. Cette avancée ne signifie toutefois pas que les financements nécessaires à la construction du barrage sont déjà réunis.
Inga 3 : la RDC et les États-Unis lancent un comité de coordination à Paris
Le projet hydroélectrique Inga 3 progresse sur le plan institutionnel. La RDC et les États-Unis ont officiellement tenu la première réunion du Comité de coordination et de gouvernance du projet Grand Inga, le 26 octobre 2026, dans les locaux de la Banque mondiale à Paris.
Cette rencontre s’inscrit dans l’application de l’accord de partenariat stratégique signé entre Kinshasa et Washington le 4 décembre 2025. Son article X prévoit la création d’un mécanisme commun pour accompagner le développement du complexe hydroélectrique congolais.
Les travaux ont été coprésidés par Daniel Mukoko Samba, vice-Premier ministre congolais chargé de l’Économie nationale, et Jeremy Wiggins, secrétaire adjoint chargé de la politique de financement du développement au département du Trésor américain.
Anna Bjerde, directrice générale des opérations de la Banque mondiale, a également participé aux échanges.
Les discussions ont porté sur les conditions économiques et financières nécessaires à la réalisation du projet. Les délégations ont notamment examiné les possibilités de mobilisation des capitaux, le partage des risques et la participation éventuelle d’investisseurs privés.
L’objectif est de définir un cadre de coopération capable de faciliter les prochaines étapes d’Inga 3, première phase du développement du mégaprojet Grand Inga.
Un groupe technique chargé de faire avancer le projet jusqu’en avril 2027
La réunion de Paris a débouché sur une décision concernant l’organisation des travaux préparatoires.
Les deux pays ont convenu de constituer un groupe technique conjoint qui se réunira chaque mois, de novembre 2026 à avril 2027.
Cette structure devra notamment assurer le suivi des discussions, préciser les décisions attendues des autorités congolaises et identifier les formes d’accompagnement que les États-Unis pourraient apporter.
Le groupe préparera également la prochaine réunion du Comité de coordination et de gouvernance.
De son côté, la Banque mondiale continuera d’accompagner la préparation du projet et les échanges avec les partenaires techniques et financiers.
Ce calendrier apporte davantage de visibilité sur les prochaines étapes administratives et financières. Cependant, aucun calendrier définitif de construction n’a été annoncé à l’issue de cette rencontre.
La Banque mondiale a déjà approuvé 250 millions de dollars pour préparer Inga 3
Le soutien financier international au projet Inga 3 avait déjà connu une avancée en juin 2025.
À cette date, la Banque mondiale avait approuvé un financement initial de 250 millions de dollars, dans le cadre d’un programme de développement doté d’une enveloppe globale prévue d’un milliard de dollars.
Cette première tranche doit principalement financer les études techniques, le renforcement des institutions et des investissements destinés aux communautés locales.
Il ne s’agit donc pas d’un financement direct de la construction du barrage.
Selon la Banque mondiale, Inga 3 pourrait produire entre 2 000 et 11 000 mégawatts d’électricité, selon les caractéristiques techniques finalement retenues.
Le projet représente un enjeu considérable pour la RDC, où seulement 21 % de la population avait accès à l’électricité selon les données communiquées par l’institution en 2025.
Les autorités congolaises ambitionnent de porter ce taux à 62 % d’ici 2030, grâce à différents investissements et réformes dans le secteur énergétique.
Quels obstacles restent à surmonter avant la construction d’Inga 3 ?
Malgré les avancées diplomatiques, plusieurs questions restent à résoudre pour transformer le projet hydroélectrique en infrastructure opérationnelle.
La première concerne le financement. La construction d’un ouvrage de cette envergure nécessite des investissements importants, dont le montant dépendra de la configuration technique retenue.
Les partenaires devront également déterminer les modalités de partage des risques financiers et les mécanismes de participation des entreprises privées.
Le transport de l’électricité constitue un autre défi. La production d’énergie supplémentaire devra s’accompagner d’infrastructures capables d’acheminer le courant vers les ménages, les entreprises et les éventuels marchés régionaux.
Enfin, les conséquences environnementales et sociales doivent être prises en compte. Les consultations menées auprès des communautés du Kongo Central ont notamment fait ressortir des préoccupations concernant les ressources en eau, les moyens de subsistance et les retombées locales du projet.
Un projet stratégique pour l’industrialisation de la RDC
Situé sur le fleuve Congo, le site d’Inga dispose d’un potentiel hydroélectrique estimé à environ 42 000 mégawatts. Il accueille déjà les centrales Inga 1 et Inga 2, mises en service respectivement en 1972 et 1982.
Le développement d’Inga 3 pourrait contribuer à renforcer l’approvisionnement électrique du pays, notamment pour les activités industrielles et minières.
Une production supplémentaire pourrait également favoriser les échanges d’électricité avec d’autres pays africains, sous réserve de la construction des réseaux de transport nécessaires.
Pour les autorités congolaises, l’enjeu consiste à faire de cette ressource énergétique un moteur de développement économique et d’amélioration des conditions de vie.
La réunion de Paris marque une avancée dans la coordination entre Kinshasa et Washington. Mais la prochaine étape décisive sera la transformation de ces discussions en engagements financiers et en décisions d’investissement concrètes.




