En Côte d’Ivoire, la révision de la liste électorale 2026 n’a toujours pas de date de démarrage au 2 novembre. Depuis la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), le gouvernement attend la mise en place d’un nouvel organe électoral. Cette situation retarde notamment l’inscription des nouveaux majeurs et la modification des informations des électeurs.
Pourquoi la révision de la liste électorale est-elle suspendue ?
La révision annuelle du fichier électoral constitue une obligation prévue par l’article 6 du Code électoral ivoirien. Elle permet de tenir compte des changements intervenus dans le corps électoral et de préparer les prochains scrutins.
Mais l’opération prévue en 2026 se heurte à un obstacle institutionnel. Le 6 mai 2026, le gouvernement ivoirien a dissous la CEI, conformément à l’ordonnance n° 2026-265. Cette décision s’inscrit dans une réforme destinée à modifier l’organisation et la supervision des élections.
Le gouvernement avait justifié cette dissolution par les critiques adressées à l’ancienne commission et par sa volonté de créer un dispositif électoral capable de renforcer la confiance des citoyens et des acteurs politiques.
La décision a cependant eu une conséquence immédiate : l’institution auparavant chargée de la mise à jour des listes électorales n’exerce plus cette mission.
Le 9 septembre 2026, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a confirmé que la prochaine révision dépendrait de la création des nouvelles structures électorales.
Selon ses explications, les autorités doivent d’abord déterminer quel organisme sera chargé de conduire cette opération.
La dissolution officielle de la CEI a donc ouvert une période de transition dont le calendrier reste à préciser.
Quels électeurs sont concernés par ce report ?
La suspension touche principalement les citoyens qui souhaitent s’inscrire pour la première fois ou actualiser leur situation administrative.
La révision de la liste électorale ne consiste pas uniquement à ajouter de nouveaux noms. Elle permet également de corriger les informations existantes et de retirer les personnes qui ne remplissent plus les conditions légales.
Plusieurs catégories d’électeurs sont directement concernées :
- Les jeunes Ivoiriens ayant atteint l’âge de 18 ans et souhaitant s’inscrire pour la première fois.
- Les citoyens majeurs qui n’ont jamais figuré sur une liste électorale.
- Les électeurs désirant modifier leur lieu de vote ou corriger leurs informations personnelles.
- Les familles concernées par la radiation d’un électeur décédé.
Le report ne signifie pas que les personnes déjà inscrites perdent leur droit de vote. Il empêche toutefois, pour le moment, les nouvelles inscriptions et les modifications qui nécessitent une opération officielle de révision.
Le site de l’ancienne CEI permet encore de consulter les informations relatives à la liste électorale définitive de 2025. Cette consultation ne remplace cependant pas une nouvelle campagne d’enrôlement.
Pour les nouveaux majeurs, l’incertitude porte donc principalement sur la date à laquelle ils pourront accomplir leurs premières formalités électorales.
Quand la nouvelle Commission électorale sera-t-elle installée ?
Aucune date officielle n’a encore été annoncée pour l’installation de l’institution qui remplacera la CEI.
Le gouvernement a engagé des consultations avec les formations politiques et les organisations de la société civile. Le 22 juin 2026, le Premier ministre Robert Beugré Mambé avait notamment présenté les grandes orientations de la réforme électorale.
Une partie de l’opposition souhaite participer à la définition du nouveau dispositif. Le 5 octobre, plusieurs responsables politiques ont remis une proposition commune au ministre de l’Intérieur, Vagondo Diomandé.
Cette initiative, déjà évoquée dans un article consacré à la nouvelle commission électorale, porte notamment sur l’indépendance de l’institution et les modalités de son fonctionnement.
Parallèlement, la dissolution administrative de l’ancienne CEI se poursuit. Un communiqué publié le 26 septembre confirme que Lassana Sylla a été désigné liquidateur de l’institution, avec pour mission de régler ses obligations financières et administratives.
Cette procédure ne signifie toutefois pas que le nouvel organe est déjà opérationnel.
La Côte d’Ivoire pourra-t-elle respecter son calendrier électoral ?
Le gouvernement assure que la révision de la liste électorale aura lieu après l’installation des nouvelles structures. Toutefois, aucun calendrier précis de reprise n’était disponible au 2 novembre 2026.
Cette incertitude soulève une question pratique : combien de temps faudra-t-il pour enregistrer les nouveaux électeurs, traiter les demandes de modification et publier une liste actualisée ?
Lors des élections législatives de décembre 2025, l’ancienne CEI avait assuré l’organisation du scrutin et la publication des résultats provisoires. Le futur dispositif devra reprendre ces responsabilités tout en intégrant les modifications prévues par la réforme.
Pour les citoyens, la prochaine annonce attendue concerne donc l’identité de l’organisme chargé de la révision et les dates d’ouverture des inscriptions.
D’ici là, les électeurs peuvent consulter les informations disponibles sur leur inscription de 2025, mais doivent attendre les instructions officielles pour effectuer de nouvelles démarches.
La reprise de la révision électorale dépend désormais d’une décision concrète des autorités ivoiriennes : désigner la structure responsable et fixer un calendrier accessible à tous les électeurs.




