RDC : Joseph Kabila rencontre l’ONU à Goma, Kinshasa réagit

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L’ancien président congolais Joseph Kabila a rencontré James Swan, chef de la MONUSCO, le 3 novembre 2026 à Goma, dans le Nord-Kivu. Cette première rencontre depuis la création du Front pour la refondation de la nation (FRN) vise à faciliter le suivi du cessez-le-feu dans l’est de la RDC, mais suscite déjà des critiques dans le camp du président Félix Tshisekedi.

Joseph Kabila reçoit James Swan à Goma

Arrivé à Goma le 2 novembre, James Swan, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en République démocratique du Congo, s’est entretenu avec Joseph Kabila le lendemain.

L’ancien chef de l’État dirige depuis le 12 octobre 2026 le Front pour la refondation de la nation (FRN), un mouvement politico-militaire présenté par ses responsables comme le successeur de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23).

La rencontre s’est déroulée en présence de plusieurs responsables des deux délégations.

Du côté de la MONUSCO figuraient notamment le général de brigade Givenz Kishombe Sichali, le conseiller principal Walter Lotze et Marilyn Ngum Fru, responsable au sein de la mission.

Joseph Kabila était accompagné de Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, deux vice-présidents du FRN, ainsi que de plusieurs collaborateurs.

Selon la mission onusienne, ces consultations poursuivent un objectif précis : maintenir le dialogue avec les acteurs présents sur le terrain afin de faciliter la protection des populations et l’application des engagements de cessez-le-feu.

L’ONU entretenait déjà des contacts avec l’AFC/M23 avant sa transformation annoncée en FRN.

Cessez-le-feu en RDC : les trois dossiers discutés

Les échanges entre James Swan et Joseph Kabila ont porté principalement sur la situation sécuritaire dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Trois questions ont notamment été abordées :

  • Le respect du cessez-le-feu et les accusations de nouvelles offensives militaires.
  • La protection des civils et l’accès des organisations humanitaires aux zones de conflit.
  • Le fonctionnement des mécanismes chargés de surveiller les violations présumées de la trêve.

Parmi ces dispositifs figure le Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVE+), chargé d’examiner les incidents signalés et de contribuer au suivi du cessez-le-feu.

Cette mission s’inscrit dans les responsabilités confiées à la MONUSCO par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Lors d’une précédente visite à Goma en avril 2026, James Swan avait déjà souligné l’importance de la ville pour les efforts de désescalade et la protection des populations.

La nouvelle rencontre intervient alors que les initiatives diplomatiques n’ont toujours pas permis de mettre définitivement fin aux affrontements.

Les difficultés rencontrées dans l’application des engagements militaires avaient notamment été illustrées par les annonces de retrait du M23 à Uvira en décembre 2025.

Pourquoi cette rencontre provoque des tensions à Kinshasa

Au-delà des discussions sécuritaires, la rencontre suscite des réactions politiques dans la capitale congolaise.

Selon Deutsche Welle, Christian Lumu Lukusa, vice-président de la ligue des jeunes de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti présidentiel, a exprimé ses préoccupations sur les conséquences diplomatiques de cet entretien.

Il reconnaît la nécessité de surveiller le cessez-le-feu, mais demande à la MONUSCO de clarifier sa démarche auprès de Joseph Kabila.

Cette réaction intervient alors que les relations entre l’ancien président et le pouvoir de Félix Tshisekedi restent particulièrement tendues.

La position de Joseph Kabila à la tête du FRN donne désormais une dimension supplémentaire à ses activités politiques. Son mouvement se présente comme le continuateur de l’AFC/M23, organisation engagée dans le conflit armé contre les forces gouvernementales.

Pour certains responsables du pouvoir, les échanges entre les Nations unies et le FRN risquent d’accorder une visibilité diplomatique à ce dernier.

La MONUSCO, de son côté, présente ces contacts comme nécessaires à l’exécution de son mandat. Discuter avec un groupe présent dans une zone de conflit ne signifie pas lui accorder une reconnaissance politique officielle.

Ces tensions surviennent également alors que la RDC traverse d’autres débats institutionnels, notamment autour de la loi sur le référendum et la Constitution.

Le FRN veut poursuivre les négociations de Doha

À l’issue de la rencontre, Bertrand Bisimwa a présenté la position du Front pour la refondation de la nation.

Selon lui, le mouvement entend respecter les engagements hérités des négociations de Doha entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23.

Toutefois, le FRN conteste le maintien de la MONUSCO dans certaines zones et s’oppose au renouvellement de son mandat, estimant que la mission n’a pas atteint ses objectifs.

Le mouvement s’oppose également à un éventuel redéploiement des Casques bleus au Sud-Kivu.

Ces positions montrent que des désaccords importants persistent, malgré la reprise des échanges diplomatiques.

Sur le terrain, les habitants du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent confrontés aux conséquences de l’insécurité, notamment les déplacements de population, les difficultés économiques et les restrictions d’accès aux services essentiels.

Le 4 novembre 2026, un collectif d’organisations de la société civile du Sud-Kivu a salué cette rencontre, espérant qu’elle contribue à relancer le dialogue.

La prochaine étape sera de déterminer si ces consultations permettent des avancées concrètes dans la vérification du cessez-le-feu et l’accès humanitaire. Aucun nouvel accord de paix n’a été annoncé à l’issue de cette rencontre.

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