Plus de quatre mois après l’accord de paix du 27 juin, la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ont franchi une nouvelle étape dans le processus de normalisation de leurs relations. Dans la nuit du vendredi 7 au samedi 8 novembre, les deux pays ont paraphé à Washington le cadre d’intégration économique régional, volet économique de l’accord conclu en juin sous la médiation des États-Unis et du Qatar. Une avancée majeure saluée par les parties prenantes, même si elle reste largement conditionnée à la réalisation de progrès concrets sur le terrain sécuritaire.
Signature du volet économique à Washington
C’est en présence d’Allison Hooker, sous-secrétaire d’État américaine aux Affaires politiques, et de Massad Boulos, conseiller spécial pour l’Afrique, que les délégations congolaise et rwandaise ont apposé leur signature sur le document. Préparé dès la fin août et initialement attendu pour début octobre, ce texte fixe les secteurs de coopération économique entre Kinshasa et Kigali, avec un rôle d’accompagnement de Washington.
Mais la mise en œuvre de cette intégration économique dépend d’un préalable essentiel : l’exécution du CONOPS et de l’OPORD, deux mécanismes opérationnels visant notamment à neutraliser les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé actif dans l’est de la RDC, et à lever les mesures dites « défensives » du Rwanda. C’est précisément ce blocage sécuritaire qui avait retardé la signature en octobre, Kinshasa jugeant nécessaire de garantir des engagements concrets avant toute avancée économique.
Le vendredi 7 novembre 2025, les deux parties ont cependant affirmé leur volonté d’aller de l’avant, reconnaissant que les progrès restaient limités, mais qu’il fallait poursuivre les efforts. Elles ont ainsi convenu d’actions militaires conjointes à court terme contre les FDLR, et adopté un accord de mise en œuvre pour accélérer le processus. Un diplomate occidental a toutefois tempéré cet optimisme en déclarant à RFI : « Sur le papier, cela ressemble à des avancées, mais c’est sur le terrain qu’il faut évaluer les vrais résultats ».
Tshisekedi : « Nous sommes sur le point de cueillir le fruit de la paix »
Actuellement à Belém pour la COP30, le président congolais Félix Tshisekedi s’est montré résolument confiant. Il a annoncé l’imminence de deux tournants majeurs : la conclusion des processus de Doha et de Washington, et l’envoi d’une invitation officielle de la Maison-Blanche pour la signature définitive de l’accord de paix. « Je suis heureux de vous annoncer que les pourparlers arrivent à leur terme. [… ] Ce n’est pas nous qui avons provoqué cette guerre. Nous sommes sur le point de cueillir le fruit d’une paix durable en RDC », a-t-il affirmé en lingala au micro de RFI.
Malgré cet optimisme présidentiel, la situation sur le terrain reste fragile. Les combats persistants dans l’est du pays et les tensions régionales pourraient encore freiner l’application du cadre économique signé à Washington. Reste à voir si les engagements sécuritaires annoncés seront tenus, condition indispensable à toute intégration durable entre la RDC et le Rwanda.




