RDC : 37 civils tués dans une attaque des ADF au Nord-Kivu

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Au moins 37 civils ont été tués dans une attaque attribuée aux Forces démocratiques alliées (ADF), dans l’est de la République démocratique du Congo. Le massacre, survenu dans la nuit du 5 au 6 novembre 2026 dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, a également provoqué des incendies et la fuite de nombreux habitants.

Nord-Kivu : une attaque meurtrière frappe plusieurs quartiers de Cantine-Aloya

La localité de Cantine-Aloya, située à environ 60 kilomètres à l’ouest de Beni, a été prise pour cible par des hommes armés dans la soirée du jeudi 5 novembre 2026.

Selon les premiers témoignages recueillis sur place, les assaillants ont investi plusieurs quartiers, notamment Lubumbashi, Kananga et Yambi-Yaya, ainsi que le centre commercial de la localité.

L’attaque aurait commencé aux environs de 23 heures. Les hommes armés ont tiré sur des habitants, incendié des bâtiments et pillé plusieurs commerces avant de se retirer vers la forêt.

L’armée congolaise fait état d’au moins 37 civils tués, selon les informations rapportées le 7 novembre par RFI. Ce bilan reste provisoire.

Les premières évaluations étaient inférieures. Le 6 novembre, Radio Okapi faisait état d’au moins 24 victimes, tandis que le Baromètre sécuritaire du Kivu évoquait 35 morts, dont 17 enfants. Ces différences s’expliquent notamment par l’évolution des opérations de recherche et de comptage des victimes. Congo Journal+2

Les destructions matérielles sont également importantes. Selon les responsables locaux, plusieurs dizaines de maisons et de commerces ont été incendiés.

Les habitants ont fui vers Mabalako, Kyatsaba et d’autres localités voisines pour échapper à de nouvelles violences.

Pourquoi les ADF continuent-ils de frapper malgré les opérations militaires ?

Cette nouvelle attaque est attribuée aux Forces démocratiques alliées, un groupe armé d’origine ougandaise affilié à l’organisation État islamique.

Présents depuis plusieurs décennies dans l’est de la RDC, les ADF sont responsables de nombreuses attaques contre les populations civiles, particulièrement dans les territoires de Beni et de Lubero.

Depuis novembre 2021, les armées congolaise et ougandaise mènent des opérations militaires conjointes pour affaiblir ce mouvement.

Malgré ces interventions, les attaques se poursuivent dans plusieurs zones rurales difficiles à sécuriser.

Le massacre de Cantine-Aloya soulève notamment la question de l’efficacité des mécanismes d’alerte. La société civile affirme que des mouvements suspects avaient été signalés avant l’incursion, sans qu’une intervention préventive ait permis d’éviter les violences.

Après l’attaque, les forces congolaises et ougandaises, appuyées par des combattants Wazalendo, ont engagé des opérations de poursuite contre les assaillants présumés.

Les autorités locales cherchent également à établir un bilan définitif et à retrouver les personnes portées disparues. Radio Okapi+1

Beni : la protection des civils redevient une urgence

Au-delà des victimes, cette nouvelle attaque risque d’aggraver les difficultés humanitaires dans une région déjà confrontée aux déplacements de populations et à l’insécurité alimentaire.

Les violences ont notamment perturbé le fonctionnement des établissements de santé. Selon le Baromètre sécuritaire du Kivu, deux structures sanitaires ont été incendiées pendant l’attaque.

Les conséquences concernent directement les habitants :

  • Des familles ont abandonné leurs maisons pour chercher refuge ailleurs.
  • Plusieurs commerces et habitations ont été détruits.
  • Des activités économiques ont été interrompues.
  • L’accès aux soins est devenu plus difficile dans certaines zones touchées.

La situation intervient alors que la Mission des Nations unies en RDC (MONUSCO) multiplie les appels au renforcement de la protection des populations.

Le 23 septembre 2026, son chef, James Swan, avait déjà souligné, lors d’une visite à Beni, la nécessité d’améliorer les mécanismes d’alerte et les capacités d’intervention rapide.

Selon la MONUSCO, qui détaille ses opérations de protection à Beni, environ 4 900 patrouilles conjointes avec les Forces armées congolaises avaient été réalisées entre janvier et septembre 2026 dans la région.

Pourtant, les attaques attribuées aux ADF continuent de provoquer de nombreuses pertes humaines.

Le nouveau massacre de Cantine-Aloya relance ainsi les préoccupations concernant la sécurité des villages isolés du Nord-Kivu. La priorité immédiate reste l’identification des victimes, l’assistance aux familles déplacées et la prévention de nouvelles attaques contre les civils.

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