La Guinée Conakry entre dans une phase décisive de sa transition. Après quatre années d’attente depuis le coup d’État militaire de septembre 2021 qui avait renversé Alpha Condé, le pays s’apprête à renouer avec un processus démocratique. La présidentielle, fixée au 28 décembre 2025, marquera officiellement le retour à l’ordre constitutionnel. Mais déjà, les conditions de participation et le climat politique suscitent de vifs débats.
Une caution présidentielle fixée à 900 millions de francs guinéens
Selon un communiqué de la Direction générale des élections (DGE), chaque candidat devra verser 900 millions de francs guinéens, soit environ 103 000 dollars américains, pour pouvoir se présenter. Le dépôt de cette caution devra s’effectuer au Trésor public 50 jours avant le scrutin. En parallèle, les dépenses de campagne sont plafonnées à 40 milliards de francs guinéens (environ 4,6 millions de dollars). Toute infraction à ces limites exposera les candidats concernés à des sanctions légales, précise la DGE dans son communiqué signé par sa directrice générale, Djenabou Touré.
Le coût élevé de cette participation suscite déjà des critiques au sein de la classe politique. Plusieurs observateurs estiment que cette somme pourrait freiner la participation des candidats indépendants ou des partis émergents, réduisant la compétition à quelques grandes figures disposant de moyens financiers considérables.
Une élection sans Condé, Diallo ni Touré
Autre fait marquant : les trois grandes figures historiques de la vie politique guinéenne, Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, ne figurent pas sur la liste provisoire des candidats. Alpha Condé est écarté en raison de la limite d’âge de 80 ans fixée par la nouvelle Constitution, tandis que Diallo et Touré, exilés pour des raisons judiciaires, n’ont pu s’inscrire sur les listes électorales.
Ce vide ouvre la voie à une recomposition politique inédite, dominée par les nouveaux acteurs de la transition. Tous les regards se tournent désormais vers le président de la transition, Mamady Doumbouya, dont la candidature potentielle reste entourée de mystère. La levée du verrou constitutionnel interdisant aux autorités de transition de se présenter laisse la porte ouverte à toutes les hypothèses. Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue le 28 décembre, un second tour sera organisé deux semaines plus tard. En attendant, la Guinée retient son souffle, espérant une élection apaisée après quatre années de turbulences politiques.




