Au Rwanda, le gouvernement vient d’annoncer une nouvelle étape importante dans son engagement envers les survivants vulnérables du génocide de 1994 contre les Tutsis. Le pays prévoit de construire 296 nouvelles maisons durant l’exercice 2025-2026, une initiative qui s’inscrit dans un vaste programme visant à offrir près de 7 000 logements indispensables aux personnes encore en situation de précarité.
Une initiative nationale portée par un budget de 5 milliards de francs rwandais
Cette annonce a été faite lors d’une session avec la Commission parlementaire des comptes publics, en présence des responsables du ministère de l’Unité nationale et de l’Engagement civique. Marie Alice Kayumba Uwera, directrice exécutive de l’unité nationale et de la résilience communautaire, a indiqué que le gouvernement avait alloué 5 milliards de francs rwandais à ce projet.
Les coûts de construction varient fortement d’une région à l’autre. Dans certains districts, une maison revient à environ 7 millions de francs rwandais, tandis que dans d’autres, le montant peut atteindre 10 millions. Cette différence s’explique par la diversité géographique du pays, l’accessibilité des matériaux et les variations du coût de la main-d’œuvre.
Face à cette réalité, les autorités étudient l’utilisation de modèles de construction non conventionnels. Selon Mme Kayumba, une fois ces méthodes validées, elles permettront d’accélérer la construction des 6 973 maisons restantes tout en réduisant considérablement les dépenses globales. Cette optimisation est devenue une priorité pour atteindre les objectifs nationaux dans un délai raisonnable.
Une approche communautaire inspirée des traditions rwandaises
Alphonse Rukaburandekwe, directeur général de l’Autorité rwandaise du logement, a expliqué que le modèle non conventionnel repose sur la participation communautaire. Cette démarche s’inspire directement de l’esprit traditionnel de solidarité, où chaque membre de la communauté contribue selon ses moyens en matériaux ou en main-d’œuvre. Cette méthode présente plusieurs avantages. Elle limite les coûts de construction, encourage l’appropriation des projets par les bénéficiaires et renforce la cohésion au sein des communautés locales. Le ministre de l’Unité nationale et de l’Engagement civique, le Dr Jean Damascène Bizimana, a soutenu cette approche en rappelant qu’elle avait déjà fait ses preuves dans plusieurs régions du pays.
Au-delà de l’aspect matériel, le programme inclut un accompagnement psychologique et social pour les survivants. Avant et après leur réinstallation, les bénéficiaires reçoivent un suivi destiné à favoriser leur bien-être et leur intégration dans leur nouvel environnement. Malgré les avancées, le besoin reste immense. Les statistiques montrent qu’environ 30 000 maisons doivent encore être rénovées ou reconstruites. Le projet de 296 nouvelles habitations marque toutefois une avancée significative dans la reconstruction du pays et la protection de ses citoyens les plus vulnérables.




