Réunis à Ouagadougou le 26 novembre 2025, les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont exprimé leur déception face au silence persistant de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Ce rassemblement prépare le deuxième Sommet des chefs d’État de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), prévu les 22 et 23 décembre 2025 à Bamako. Les trois diplomates souhaitent présenter à leurs dirigeants un document finalisé. Cependant, la rupture du dialogue avec l’organisation régionale ternit l’élan politique engagé ces derniers mois.
L’AES critique l’attitude de la CEDEAO
Au cours de la réunion, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a rappelé les efforts consentis par les trois États sahéliens pour renouer le contact avec la CEDEAO. Il a mis en avant la séance de travail du 22 mai 2025 à Bamako, première consultation formelle depuis le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de l’organisation régionale en janvier 2024. Cette rencontre avait laissé espérer une reprise progressive des échanges.
Pourtant, les ministres constatent aujourd’hui une absence totale de suivi. Selon le ministre Diop, l’AES « demeure disponible pour poursuivre la dynamique constructive ». Toutefois, il estime que la CEDEAO « n’a pas saisi les opportunités offertes pour avancer ». Il rappelle que les deux blocs représentent « les aspirations de toute l’Afrique de l’Ouest ». À ses yeux, le rapprochement devait servir la stabilité régionale.
Les autorités de l’AES reprochent aussi à la CEDEAO de ne pas honorer ses engagements, notamment ceux pris lors du sommet de juin 2025 à Abuja. À cette occasion, l’organisation ouest-africaine avait assuré vouloir prolonger le dialogue avec les trois États sahéliens. L’absence d’initiative depuis cet engagement crée, selon les ministres, un blocage diplomatique préjudiciable pour l’ensemble de la région.
Une rupture qui freine les efforts d’apaisement
Cette rupture intervient à un moment crucial pour l’alliance sahélienne. En effet, le sommet de Bamako doit définir la feuille de route politique, sécuritaire et économique de l’AES pour l’année 2026. Le bloc souhaite redéfinir ses relations avec ses voisins et construire un cadre de coopération durable. Les ministres craignent que le silence de la CEDEAO n’aggrave les incompréhensions. Ils rappellent que les peuples du Sahel et ceux de l’Afrique côtière partagent des défis communs : insécurité, mobilité régionale, commerce transfrontalier et lutte contre les trafics. Selon eux, l’absence de dialogue empêche d’avancer sur ces sujets essentiels.
Les États de l’AES espèrent encore un changement d’attitude de la CEDEAO. Par conséquent, ils affirment rester ouverts à toute initiative qui pourrait relancer les discussions. Leur objectif demeure clair : replacer la coopération régionale au cœur des priorités, malgré les tensions politiques des dernières années.




