La transition politique au Gabon est désormais close. À la fin du mois de décembre, toutes les institutions mises en place après le coup d’État du 30 août 2023 ont disparu, marquant le retour formel à un ordre institutionnel présenté comme normal par les autorités.
Une transition menée jusqu’à son terme
Le processus de sortie de transition a réellement commencé avec l’élection présidentielle du 12 avril dernier. À l’issue de ce scrutin, Brice Clotaire Oligui Nguema a remporté la victoire, avant de prêter serment le 3 mai. Dès lors, il n’a plus porté le titre de président de la Transition, mais celui de président de la République, conformément au chronogramme annoncé.
Ensuite, les autorités ont dissous le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), organe militaire qui dirigeait le pays depuis le renversement d’Ali Bongo Ondimba. Par conséquent, les militaires sont retournés dans les casernes, mettant fin à leur gestion directe des affaires de l’État.
Par ailleurs, le calendrier prévoyait l’organisation d’élections législatives et locales. Ces scrutins se sont tenus entre octobre et novembre, permettant ainsi de refermer la parenthèse du Parlement de transition. Progressivement, les institutions élues ont remplacé celles issues du régime transitoire, conformément aux engagements initiaux des autorités.
Des institutions renouvelées, des critiques persistantes
Cependant, deux structures héritées de la période post-coup d’État restaient encore en place jusqu’à récemment. Il s’agissait de la Cour constitutionnelle et du Conseil économique et social. Pour y remédier, des décrets présidentiels publiés les 25 et 26 décembre ont nommé de nouveaux responsables à la tête de ces institutions.
Ainsi, à la fin de l’année, le Gabon ne compte plus aucune institution transitoire. Selon l’ex-pouvoir militaire, cet aboutissement prouve le respect de l’engagement pris de restituer le pouvoir aux civils dans un délai de deux ans.
Toutefois, l’opposition nuance ce bilan. Plusieurs acteurs politiques estiment que la transition s’est achevée sans réformes profondes du système institutionnel. Selon eux, certaines pratiques de l’ancien régime persistent, malgré le renouvellement formel des organes de l’État.
De plus, ces critiques soulignent que la concentration du pouvoir et l’absence de changements structurels majeurs pourraient fragiliser la crédibilité du processus. Néanmoins, pour les autorités, la mise en place des nouvelles institutions marque une étape décisive vers la stabilité politique.




